Territoires de montagne : "une préoccupation nationale", selon l'ANEM

Hugo Soutra
Territoires de montagne :

Station de ski, risque d'avalanche

© Flickr-CC-J.Shlabotnik

L'Association nationale des élus de montagne (ANEM) a présenté les résultats d'un sondage qui les conforte, selon eux, dans l'idée que l'amélioration des conditions de vie dans ces territoires enclavés est une attente nationale. Les sondés restent dubitatifs quant à l'efficacité de la nouvelle loi Montagne récemment promulguée. Les élus, de leur côté, attendent de pied ferme ses décrets d’application.

Jean Ferrat avait raison, c'est prouvé par une enquête Ipsos : la montagne est belle. Selon un sondage réalisé pour l'association nationale des élus de la montagne (ANEM), 89% des personnes interrogées en conviennent, les nombreux territoires de montagne de l'Hexagone sont "un atout pour la France" et pour 75% ils sont "des territoires d'avenir, notamment sur le plan économique et agricole".

L'étude a été réalisée fin novembre, au moment du vote de la l'acte II de la loi Montagne, qui "rafraichit" la loi de 1985. Mais, pourquoi donc réaliser une telle enquête à ce moment précis ? "Au cours de l'examen de la loi, nous avions relevé des remarques indiquant que la loi était faite pour le montagnards, alors que pour nous il s'agit d'une loi qui concerne tous les Français. Ce sondage le démontre et l'amplifie : l'intérêt pour la montagne est national. Il doit nous permettre de porter ces questions au niveau national et d'impulser une dynamique dans les politiques publiques des territoires de montagne", explique la présidente de l'ANEM, la député (PS) de l'Isère, Marie-Noëlle Battistel.

Pourtant, que la montagne est belle...

Certes, pour plus de 75% des personnes interrogées, la situation des habitants des territoires de montagne est moins bonne en ce qui concerne l'accès aux soins et aux services publics, pour 65% en ce qui concerne l'activité économique et l'emploi, et dans une moindre mesure, 45%, l'école et le coût de la vie. Il n'en reste pas moins que pour une écrasante majorité des sondés (85%), la situation des habitants des territoires de montagne est meilleure en ce qui concerne la qualité de l'environnement et du cadre de vie.

Enfin, si 77% des sondés considèrent que les difficultés des habitants qui vivent dans ces territoires sont sous-estimées et 75% que le potentiel des territoires de montagne est insuffisamment valorisé, ils ne savent pas bien à quoi la nouvelle loi va-t-elle servir. En effet la moitié des personnes interrogées ne sait pas si la nouvelle loi améliorera la vie des habitants dans les domaines de l'environnement, l'emploi, le coût de la vie, l'école, l'accès ou soins et aux services publics et pour l'autre moitié c'est un quart de oui et un quart de non.

Décrets d'application à paraître

Pour les élus de l'ANEM, il faut maintenant passer à l'action rapidement et, une fois les décrets d'application publiés, déclencher rapidement des politiques publiques dans certains domaines-clés : "l'école, notamment le seuil d'ouverture et fermeture, l'accès aux soins et le numérique, sur ces domaines nous allons mener notre action la plus forte", précise Marie-Noëlle Battistel.

Mais pour l'instant un "problème technique" a été identifié : la loi prévoit une nouvelle composition du conseil national de la montagne (CNM), instance consultative qui doit se mettre en place pour donner un avis sur les décrets d'application. A l'approche de la présidentielle, cela risque de ralentir le processus.

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