Renaud Gauquelin, président de Ville&Banlieue : "La réforme de la politique de la ville ne peut pas attendre"

La rédaction
Renaud Gauquelin, président de Ville&Banlieue :

Renaud Gauquelin, Ville&Banlieue

© R. Gauquelin

Renaud Gauquelin, président de Ville & Banlieue, souhaite une lecture rapide du projet de loi relatif à la ville et à la cohésion urbaine. Mais François Lamy ne l’a pas rassuré sur ce point lors de la célébration des 30 ans de l’association d'élus, à Rezé (Loire-Atlantique).

L’association des maires Villes & Banlieue a fêté ses 30 ans, le 19 septembre 2013, à Rezé, à l’occasion d’un colloque qui réunissait des chercheurs sur la ville et auquel participait François Lamy. Le président de l'association d'élus,  Renaud Gauquelin, également maire de Rillieux-la Pape (Rhône), revient sur cette journée. Il s'inquiète de l'inscription à l'ordre du jour parlementaire du projet de loi sur la ville et la cohésion urbaine. Le ministre délégué à la Ville ne l'a pas rassuré sur ce point...

Un anniversaire est toujours un moment agréable. Mais je crains que, dans trente  ans, nous ne soyons toujours là. Tous les problèmes n’auront pas été résolus." [Renaud Gauquelin]

Le Courrier des maires : François Lamy a-t-il tenu des propos rassurants ?

R. G. Le ministre a avancé des propositions novatrices. Par exemple, une visibilité sur six ans de la politique de la ville est une chose intéressante. La politique de la ville est d’abord l’affaire des habitants et l’ACSé [l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances] doit prendre un nouvel élan, a-t-il insisté. Nous avons d’ailleurs eu un vif débat sur la démocratie participative versus la démocratie représentative.

Le ministre a-t-il apporté des précisions sur son projet de loi relatif à la ville et à la cohésion urbaine ?

R. G. Il en a effectivement longuement parlé et affirmé qu’il serait attentif à ce que ce projet de loi soit débattu au Parlement avant les élections municipales. Mais il n’a pas formellement annoncé que le texte serait inscrit au calendrier en janvier. De notre côté, nous insistons sur l’importance de faire vite : avant les municipales.

Il nous a rassuré sur la prorogation de l’ANRU, jusqu’à fin 2015 pour les dossiers engagés. L’Etat mettra 5 milliards d’euros sur la table pour un ANRU 2. Avec l’apport des collectivités locales et des autres partenaires, 20 milliards seront disponibles, y compris pour les collectivités d'outre-mer. C’est un montant significatif.

Concernant la géographie prioritaire, il a annoncé une sortie progressive et non brutale des villes qui n’y seront plus éligibles et une montée en puissance du droit commun pour celles-ci. Sur le volet financier, avec la montée en puissance de la DSU et de la DDU, nous sommes rassurés. En revanche, le calendrier parlementaire nous inquiète.

Politique de la ville : une réforme urgente, affirmait la Cour des comptes

Le projet de loi relatif à la ville et à la cohésion urbaine a été présenté le 2 août 2013 par François Lamy, ministre délégué à la Ville, alors que le gouvernement venait d'ouvrir une séquence "politique de la ville" à la suite des violences urbaines de Trappes (Yvelines).  Cette réforme avait été annoncée en conseil des ministres le 22 août 2012. Avait suivi une concertation nationale entre octobre 2012 et janvier 2013.

En juillet 2012, la Cour des comptes demandait, de son côté, d’« engager rapidement la réforme de la géographie des zones prioritaires », afin de « concentrer l’effort sur les territoires qui présentent les difficultés les plus grandes, tout en harmonisant les zonages légaux et contractuels ».

Conformément à la demande de la Cour des comptes, le projet de loi, qui à ce stade compte 23 articles, s’inscrit « dans une géographie prioritaire resserrée et unique », la réforme devant « permettre de concentrer les moyens publics sur les territoires le plus en difficulté ». Elle mobilise les politiques de droit commun et réaffirme le partenariat entre l’Etat et les collectivités locales. Le projet de loi définit la politique de la ville comme « une politique de cohésion urbaine et de solidarité nationale envers les quartiers défavorisés ».

• Pour en savoir plus sur le projet de loi, lire notre article du 1er août 2013

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