Milliard d’euros pour l’investissement local : pour François Baroin, « on est très loin du compte »

Denis Solignac
Milliard d’euros pour l’investissement local : pour François Baroin, « on est très loin du compte »

François Baroin

© Flickr-CC-Fondapol

L’enveloppe promise par le chef de l’Etat pour l’investissement des collectivités au sein du budget pour 2016 ne change rien pour le patron des maires de France : c’est le montant de la chute des dotations et le calendrier qui doivent être revus. C’est bien l’objectif de la journée de mobilisation du 19 septembre durant laquelle le sénateur-maire de Troyes espère obtenir le renfort « de dizaines de milliers de Français ».

Confirmé par le Premier ministre à La Rochelle le 27 août puis par le chef de l’Etat lors de sa conférence de presse du 7 septembre, le milliard d’euros promis par l’exécutif pour l’investissement des collectivités est-il de nature à infléchir la fronde menée par l’Association des maires de France face aux 11 milliards de moindres dotations – 28 milliards en cumulés sur la période 2014-2017 ?

Pas le moins du monde, a répondu le président de l’association, François Baroin, en marge de la signature d’une convention de partenariat avec le réseau des chambres de commerce et d’industrie, CCI France, au lendemain de l’allocution élyséenne.

« On est très, très loin du compte. Et je le dis dans mes dialogues avec le Premier ministre. On ne peut pas mettre un milliard sans détail, sans aucune précision, aux côté de 28 milliards », a dénoncé le 8 septembre le sénateur-maire (LR) de Troyes.

Montant et calendrier inacceptables pour l’AMF

Car il est vrai que François Hollande n’a pas été beaucoup plus précis que son Premier ministre quant à l’origine des fonds alimentant cette enveloppe, ni quant à ses conditions d’utilisation par les collectivités.

Tout juste le chef de l’Etat avait-il évoqué des critères « qui tiendront compte des travaux publics, de l'investissement dans la transition énergétique, et tout ce qui permettra d'améliorer la vie de nos concitoyens ».

Mais le principal grief de l’AMF reste l’ampleur de la coupe : « Nous contestons toujours le volume et le calendrier », a répété François Baroin.

Et ce dernier d’insister sur quelques éléments chiffrés de comparaison pour minimiser l’intérêt du milliard promis pour l’investissement local : « Rien que la réforme des rythmes scolaires nous coûte aujourd’hui plus d’un milliard et n’est financée bon an mal qu’à hauteur de 400 millions par an. Et depuis 2014, c’est 1,4 milliard d’euros de normes en tout genre… », égrène-t-il.

La commande publique touchée de plein fouet

Un peu plus tôt, le premier édile de Troyes avait insisté devant les présidents de CCI sur les sombres heures à venir pour le développement économique local : « Une période de coupes nettes, drastiques et rapides, avec des conséquences en termes de leviers et d’élasticité énormes », prédit François Baroin.

« Moins 28 milliards sur quatre ans, c’est plus de la moitié de l’investissement annuel des collectivités locales », a-t-il condamné. De quoi inexorablement amener une « diminution très rapide et très significative de la commande publique, entre moins 27% et moins 30% d’ici fin 2016, moins 30% d’ici 2017, soit 0,6 à 0,7 points de croissance perdus », alerte-t-il.

Mobiliser les Français pour peser face à l’exécutif

Conséquence : la journée de mobilisation du 19 septembre est plus que jamais maintenue. Une initiative qui, espère François Baroin, poussera les gens à prendre connaissance du plaidoyer de l’AMF et aidera l’association, grâce à « un manifeste signé par plusieurs dizaines de milliers de personnes », à peser davantage dans de prochaines négociations pour obtenir davantage qu’un geste financier ponctuel de l’Etat.

Recevez vos newsletters gratuitement

FORMATIONS