Les exécutifs locaux à la merci de dossiers brûlants

Les exécutifs locaux à la merci de dossiers brûlants

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Toujours volontaires et enthousiastes pour mener à bien leurs projets, maires et élus municipaux appuyés par les DGS n’en regrettent pas moins des moyens insuffisants pour garantir la qualité du service public local et mener de front des politiques, de l'accès aux soins à la lutte contre le dérèglement climatique, qui ne peuvent attendre…. Premier volet de notre baromètre 2022 Le Courrier des maires - Smacl assurances sur les collectivités et les élus locaux face aux risques.

Est-ce le sentiment d’avoir été enfin libérés des dix-huit premiers mois de mandat heurtés par les confinements successifs ? Toujours est-il qu’une large majorité d’élus (78 %) jugent leur bilan à date positif, soulagés d’avoir pu enfin entrer de plain-pied dans leur projet de mandature. Ce ressenti positif atteint même 83 % chez les néo-élus et 94 % dans les communes de 2 500 à 5 000 habitants. Pour autant, il ne s’agit pas d’un optimisme béat, car 53 % des répondants regrettent de ne pas avoir les moyens suffisants pour mener à bien leurs projets (graphique 1). C’est certes 4 points de moins qu’en 2021, mais un autre chiffre ne laisse pas de doute sur le nerf de la guerre : 84 % des élus, soit 9 points de plus qu’en 2021, trouvent insuffisantes les ressources allouées aux communes pour assurer leurs missions de service public. Face à la pression croissante des administrés, les élus jugent que les moyens ne suivent pas pour répondre à la demande…

D’autant que, pour les collectivités, la parole de Paris est… désargentée : 82 % des élus s’estiment non entendus par l’Etat et ses services déconcentrés. Face à ce partenaire institutionnel déficient, un autre acteur fait son retour en grâce : ­l’intercommunalité, dont 54 % des répondants pensent qu’elle pourra les aider à porter leurs projets communaux. C’est 6 points de plus qu’en 2021.

Lourdes priorités

Or, si les édiles réclament plus de moyens, c’est aussi parce que les priorités se multiplient (graphique 2). L’accès aux services publics, donc, troisième thème cité pour les priorités de mandats (33 % et la plus forte progression en un an, + 9 points) mais aussi l’environnement (45 %, + 2 points) et l’accès aux soins (34 %, + 2) progressent. Et ce, après un été marqué tant par les manifestations concrètes du dérèglement ­climatique que par l’instauration de mesures de « triage » des patients dans les différents services d’urgences. Conséquence, la sécurité, sujet récurrent, recule de 5 points (29 %) tout comme la cohésion sociale et territoriale (26 %).

Le logement (25 %, + 3) et la fiscalité (24 %, + 6) sont aussi en hausse, dans un contexte de crise latente du logement et de pouvoir d’achat effrité des ménages. Deux items ont perdu du terrain avec le reflux de la crise du Covid : l’éducation (20 %, - 5 points), alors que les confinements avaient fait craindre le pire pour la continuité pédagogique et la santé mentale des enfants ; ainsi que l’emploi et le développement économique (20 %, - 7), portés par une relance qui a fonctionné à plein jusqu’à l’été. La culture reste, elle, l’éternelle roue du carrosse de la mandature (3  %). Les transports font une timide progression (18 %, + 4). Et même 26 % dans les communes de moins de 20 000 âmes qui craignent particulièrement un renchérissement durable des trajets.

Méthode de l'enquête

Etude réalisée en ligne par Infopro Digital Etudes pour « Le Courrier des maires » et Smacl assurances, du 4 juillet au 28 août 2022, auprès de 335 élus et DGS/DGA de collectivités locales

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