Législatives de juin : les multiples enjeux d'une « drôle d'élection »

Hugo Soutra
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Législatives de juin : les multiples enjeux d'une « drôle d'élection »

© R. Ying et T. Morlier-Wikimédia

Les élections législatives des 12 et 19 juin font l’objet d’une médiatisation et d’une politisation assez inédite. Non sans raisons, d’après le politologue Bruno Cautrès, pour qui elles se distinguent nettement des précédentes. Interrogé par l’Institut Montaigne, il fait le tour des différents enjeux et spécificités de ce scrutin, véritable « match retour » de la présidentielle d’avril dernier.

Scrutin « souvent négligé » depuis l’inversion du calendrier électoral, les législatives de juin 2022 ont pourtant quelques arguments à faire valoir pour susciter l’intérêt de quiconque s’intéresse de près à la vie politique française. Le politologue Bruno Cautrès éclaire les particularités du prochain renouvellement de l’Assemblée nationale, dans un entretien accordé à l’Institut Montaigne. Rien ne dit, en effet, qu’il donnera de nouveau lieu à un simple écho des résultats des 1er et 2nd tour de l’élection présidentielle, comme cela fût globalement le cas de 2002 à 2017…

« Tectonique des plaques des partis politiques »

Les ambitions de la NUPES laissant planer la possibilité d’une recomposition de la gauche, l’« archipellisation » supposée de la France, la décomposition en cours de la droite républicaine, la montée de l’extrême-droite et le risque de nouveaux records d’abstention distinguent le cru 2022 des précédentes législatives acquises aux présidents tout juste élus ou réélus. Au-delà de la confirmation ou non de l’étanchéité des espaces politiques locaux et national, vont-elles confirmer la restructuration de l’échiquier politique entrevue depuis 2017 et à nouveau mises en lumière à l’occasion de l’élection présidentielle d’avril dernier ? Auquel cas, la consolidation d’un bloc central et l’émergence de trois blocs antagonistes, bien distincts les uns des autres (LFI, LREM, RN), mettrait fin à la bipolarité gauche/droite de la vie politique française !

Parmi les causes et les conséquences de cette « tectonique des plaques des partis politiques », Bruno Cautrès aborde dans cet entretien le rôle moteur joué par les fractures territoriales. Non pas tant de façon factuelle et objective, que du point de vue des perceptions : « les Français ont davantage le sentiment aujourd’hui que leur pays est morcelé (…) Il faut néanmoins être prudent sur l’échelle d’analyse, et souligner qu’il existe de réelles divisions au sein même des métropoles par exemple, qu’elles soient économiques, sociales ou politiques » nuance le politologue, qui prolonge son propos sur leur éventuelle traduction territoriale. Sans nier l’importance des clivages sociologiques et territoriaux, il s’inscrit en faux contre l’idée que la France serait composée de « territoires qui ne communiquent plus ensemble (…) La géographie électorale montre certes de réelles différences entre nos territoires, on ne peut pas dire que la France soit caractérisée par des territoires irréconciliables entre eux. »

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