Le sport pour se donner un genre… attractif

David Picot
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CARSALADE EMILIE - 10/04/2017 15h:08

Commune rurale de 1885 habitants très endettée par municipalités précédentes recherche aides pour un parcours de santé autour de notre lac, subventions pour rénover tribunes et vestiaires de notre stade servant au foot et au rugby. A qui s'adresser ??

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Le sport pour se donner un genre… attractif

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© Pixabay

A l'issue d'une réunion le 23 mars, l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes) annonçait son souhait d'aider les communes rurales à diversifier les sources de financement de leurs équipements sportifs et développer les sports de nature. Car en milieu rural, le sport apparaît désormais comme un facteur d’attractivité et de développement du territoire. L’objectif, à travers ces pratiques d’extérieur qui explosent, est de répondre à la demande. Et si le bien-être peut suivre...

Si les communes rurales occupent 60 % du territoire, elles n’accueillent que 27 % du parc total des équipements sportifs. Une sur trois (36 %) en est même privée. Et c’est le cas de 22 % des communes périurbaines. Les structures les plus présentes sont les terrains de foot et les courts de tennis. « Les territoires ruraux font face à une carence et au vieillissement des équipements », confirme Stéphane Kroemer, adjoint au maire à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône, 6 917 hab.) et président de la Commission sport, ruralité et montagne au sein de l’Association nationale des élus en charge du sport (ANDES). Résultat ? « Les habitants sont souvent contraints de faire des kilomètres pour pratiquer leur discipline, avec une offre plus réduite qu’en milieu urbain ou périurbain. »

Des atouts indéniables. De plus en plus de communes ou d’intercos rurales s’organisent toutefois pour développer des activités susceptibles de plaire à la population locale mais aussi extérieure. Comment ? En tirant profit des atouts de leur territoire pour proposer des activités le plus souvent en extérieur, idéalement génératrices de retombées économiques et/ou porteuses d’attractivité touristique.
Marcher, ramer, pédaler… les épreuves de pleine nature se comptent désormais par milliers sur le territoire. L’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), qui attire chaque année, fin août, 100 000 personnes dans la vallée de Chamonix, en est l’emblème. Et une aubaine pour l’hôtellerie et la restauration locales.
Au-delà de l’événementiel, la tendance est à l’aménagement de sites naturels pour la pratique du plus grand nombre. Ce sont des parcours dédiés aux déplacements doux, comme la Via Vercors initiée par la CC du massif du Vercors (Isère, 6 communes, 11 656 hab.), ou des plans d’eau, comme la base de loisirs installée courant 2015 par Vitré Communauté (Ille-et-Vilaine, 46 communes, 77 581 hab.), fréquentée en 2016 par plus de 10 000 personnes. Grâce à ces nombreuses activités terrestres et nautiques, « nous sommes parvenus à capter un public sédentaire et même touristique, alors que nous avons fait très peu de publicité, glisse Loïc Bourserie, directeur des sports. Il s’agit vraiment de favoriser la pratique sportive de tous. Avec aussi des enjeux de santé et de bien-être ».

Parcours de santé. Le thème est porteur. Début 2017, la Fondation de France a justement lancé un appel à projets pour faciliter l’accès à la pratique d’une activité physique régulière dans les zones rurales. Personnes âgées, en situation de handicap, malades chroniques ou bénéficiaires de minima sociaux sont particulièrement visés. « Les espaces ruraux sont en effet propices à ce type d’actions centrées sur la santé et le bien-être, avec l’aménagement de voies vertes ou la création de parcours de santé », précise Stéphane Kroemer. Ainsi, à ses trois complexes sportifs et deux dojos, la commune Martres-de-Veyre (Puy-de-Dôme, 3 943 hab.) va ajouter un parcours d’agrès en accès permanent. « Nous essayons de prendre ce virage du sport santé et de la pratique en accès libre, conclut Pascal Pigot, le maire. Tout simplement car cela correspond à une demande de nos concitoyens. »

« Soignez vos escaliers ! »

« En 60 ans, nous avons perdu trois heures d’activité physique par jour ! », s’alarme le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg chargé de la santé, à l’origine du concept de sport sur ordonnance en France. Si l’exercice, via les voies cyclables et autres parcours de santé urbains, apparaît comme une bonne façon de regagner ces heures évaporées, il n’est pas le seul. L’élu milite aussi en faveur des... escaliers ! Encore les faudrait-il accueillants, « ce qui est rarement le cas ». C’est pourquoi il s’adresse directement aux élus : « Lorsque vous programmez un nouveau bâtiment public, de grâce, cessez de mettre l’ascenseur face à la porte d’entrée. C’est tout sauf une incitation au mouvement. L’escalier, lui, est souvent caché, compliqué d’accès et laid. Ce devrait être le contraire. »

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