Le nouveau Grand Paris satisfait moyennement les élus de Paris Métropole

Martine Kis

Les projets du gouvernement portant sur le nouveau Grand Paris ne suscitent qu'une satisfaction mitigée chez les élus de Paris Métropole.

Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Les élus de Paris Métropole sont relativement satisfaits des annonces du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 6 mars 2013, concernant le « nouveau Grand Paris ». Mais ils se posent un certain nombre de questions qui tempèrent un enthousiasme tout relatif.

Une collaboration renforcée avec le STIF

Au chapitre des bons points, Philippe Laurent, président de Paris Métropole, maire de Sceaux, apprécie l'annonce d'une collaboration renforcée entre la Société du Grand Paris et le STIF – tout en observant que l'élargissement des compétences du STIF ne figure pas dans la dernière version du projet de loi de décentralisation – ainsi que la programmation du Grand Paris Express dans son intégralité d'ici 2030.

Une desserte banlieue à banlieue

Pour Jean-Marc Nicolle, délégué spécial Grand Paris et Métropole francilienne au conseil régional, vice-président de Paris-Métropole, le fait que la desserte de banlieue à banlieue soit bien prise en compte est positif. Pour lui, le financement du projet à hauteur de 25 milliards d'euros équivaut à « un plan de relance à l'échelle régionale ».

Un conseil métropolitain

Pierre Mansat,adjoint au maire de Paris chargé de Paris métropole et des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France, souligne qu’« il manque un ensemblier pour la gouvernance à l'échelle métropolitaine », ce à quoi le projet de loi essaye de répondre avec la création d'un conseil métropolitain avec des pouvoirs dans les domaines de l'aménagement, du logement, de la transition énergétique, de l'urgence sociale. Positif également la fusion des établissements publics fonciers.

Au-delà des satisfecit, des questions

Quelle place pour les communes, peu présentes dans le texte? Jacques J.P. Martin, maire de Nogent-sur-Marne, s'inquiète de l'ajout de strates supplémentaires qui éloigneront encore plus la décision des niveaux désignés par le suffrage universel et du non-dit concernant l'avenir des départements. La région et le département sont d'ailleurs absents du conseil métropolitain, qui sera chargé de l'administration de la future Métropole de Paris et qui réunira le maire de Paris et les présidents des EPCI membres de la Métropole.

Sur la question du logement, qui fera l'objet d'un « plan métropolitain de l'habitat et de l'aménagement », Jacques J.P. Martin s'inquiète de voir une certaine dépossession des communes, « sans le dire clairement », alors qu'« il reste beaucoup de travail à faire pour que les intercommunalités soient compétentes pour l'aménagement et le logement ».

Paris Métropole se fixe pour objectif, lors de la lecture du projet de loi de décentralisation qui devrait débuter fin mai ou début juin au Sénat, « d'assurer la cohérence des propositions des parlementaires pour faire évoluer le texte », affirme Philippe Laurent.

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