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La santé territoriale, ce défi ignoré des candidats à l'Elysée au grand dam des élus locaux

Hugo Soutra
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le Courrier des Maires - édition Abonné

Profitant de la sensibilité grandissante des Français aux problématiques d'accès aux soins, les associations d'élus attendaient les candidats à la présidentielle sur la refonte du système de santé, espérant plus de responsabilités en la matière pour les collectivités. Plutôt que s’aventurer sur ce terrain miné, les prétendants à l'Elysée ont réservé leurs éléments de langage à la crise de l'hôpital public ou l'impasse de la désertification médicale... Des élus locaux inquiets comptent persévérer pour faire évoluer le système de soins en France dès le début du prochain quinquennat. 

Première préoccupation des Français alors que deux années de pandémie ont jeté une lumière crue sur l’ampleur des inégalités sociales et territoriales devant la Covid-19 en plus de paralyser le pays, la santé a, paradoxalement, été reléguée loin derrière les questions d’identité, de politique internationale, de pouvoir d’achat ou de sécurité dans les débats électoraux des derniers mois. Et que dire de l’absence d’une réelle politique de santé publique, de la coordination perfectible entre collectivités et ministère de la Santé, du manque de prévention, du rôle contesté des ARS, de la territorialisation poussive des politiques hospitalières... Autant de dossiers au cœur des attentes des élus locaux. Ces derniers espéraient cranter un certain nombre de leurs revendications, à l'occasion des élections présidentielle et législatives 2022, pour repenser de fond en comble le système français de santé.

Les élus spécialistes des questions de santé restent sur leur faim

Les candidats à l’Elysée ont fait le strict minimum, sans jamais confronter leurs diagnostics ni leurs propositions – chacun restant dans son couloir - et sans guère s’épancher en règle générale sur les détails concrets. « Que l’on songe à la fragilité de l’hôpital public ou à l’insuffisance de l’offre de soins dans certains quartiers et territoires de relégation, l'épidémie de Covid-19 a mis en lumière toutes les fragilités de notre système de santé. Au-delà du simple fait que nous ne soyons pas tous égaux face à la maladie, ni même la mort vu l'écart d’espérance de vie de treize ans entre les 5% de nos concitoyens les plus riches et les plus pauvres… Très peu de candidats ont abordé en profondeur, pourtant, ces éminents enjeux » n’en revient pas Pierre-André Juven, élu et sociologue spécialiste de ces questions de santé (lire son interview).

Même désillusion du côté du maire de Saint-Venant, rapporteur de la loi HPST : « la crise sanitaire nous offre l’opportunité de redéfinir nos actions. Nous avons beaucoup à apprendre de nos erreurs, tant du point de vue de la lutte contre la défiance vis-à-vis de la médecine que de la santé mentale. En évacuant ce débat fondamental, les candidats ont nourri un désintérêt manifeste pour cette élection » redoute André Flajolet. Au-delà d’un possible record d’abstention pour une élection présidentielle sanctionnant cette stratégie en surplomb, la situation est d’autant plus regrettable que cette période traditionnellement propice à la controverse possède une réelle fonction démocratique, rappelle le maire de Douai, Frédéric Chéreau. « Du financement – régionalisé - et de l’organisation – territorialisée - des hôpitaux au principe de libre-installation des médecins en passant par celui de la permanence des soins, il faut mettre tous les sujets qui fâchent sur la table. C’est à ça que doivent servir, en théorie, les campagnes des présidentielle et des législatives : trancher publiquement les questions qui ne font pas forcément consensus d’un point de vue politique » déplore le co-président de la commission Santé de l’Association des maires de France.

[…]

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