L'Union sociale pour l'habitat demande à l'Etat de reprendre la main sur le contingent préfectoral

Martine Kis

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L'Union sociale pour l'habitat demande à l'Etat de reprendre la main sur le contingent préfectoral

Hébergement, logement social, précarité

© Flickr-CC-CGValdeMarne

Où va-t-on loger les bénéficiaires du droit au logement opposable s'il n'est plus possible de le faire dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, se demande l'Union sociale pour l'habitat, qui demande à l'Etat de reprendre la main sur les attributions du contingent préfectoral.

Renforcement de la qualité du service public dans les quartiers, augmentation de la production dans les communes soumises à la loi SRU… « Cela nous convient », affirme Frédéric Paul, directeur général de l’Union sociale pour l’habitat (USH), à l’issue de la réunion interministérielle « Egalité et citoyenneté » du 6 mars 2015.

Ne pas stigmatiser le Dalo
Mais il ne faut pas attendre longtemps pour arriver au constat des limites des annonces du gouvernement. En ligne de mire, particulièrement, l’annonce de l’arrêt du relogement des personnes bénéficiaires du Dalo dans les quartiers les plus pauvres.

Sur le principe, rien à dire. « C’est une très bonne chose que de chercher à limiter les attributions aux personnes les plus pauvres dans les quartiers », reconnaît Frédéric Paul. Mais, remarque-t-il, « il ne faut pas stigmatiser ces personnes en tant que telles. Elles n’apportent pas de troubles particuliers et ne sont pas spécialement pauvres par rapport aux autres demandeurs. Ces personnes sont caractérisées par un problème de logement indigne ou insalubre ».

Reprendre la main sur le contingent préfectoral
Surtout, interroge-t-il, où va-t-on les loger en attendant que les logements requis par la loi SRU soient construits ? A court terme, elles ne peuvent l’être que sur le patrimoine existant et à l’occasion des rotations.

Pour y parvenir, Frédéric Paul demande à l’Etat « d’exercer la plénitude de ses prérogatives ». En d’autres termes, l’USH demande à l’Etat de réexaminer les conditions de délégation du contingent préfectoral aux maires et de reprendre la main.

Faire des quartiers normaux
Malgré le satisfecit préliminaire, la situation des services publics ne satisfait pas l’USH. « Les gens des quartiers veulent vivre normalement. Il faut leur donner des services publics ordinaires, comme dans le reste de la ville », souligne Frédéric Paul qui cite Claude Dilain. A Jacques Chirac qui l’interrogeait en 2005, après les émeutes, sur les besoins de sa ville, il répondait : « Un tramway et un commissariat de police ».

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