L'opinion des maires en 2012 : en attendant l'Acte-III

Pour la deuxième année consécutive, le Baromètre du "Courrier des maires" prend le pouls des exécutifs locaux, alors que les maires vont entamer la dernière année de leur mandat. Finances, décentralisation, investissement local, intention de se représenter…, près de 500 élus ont répondu à notre questionnaire.

Ce baromètre d’opinion s’inscrit en prélude aux Congrès des maires, qui se déroule du 19 au 22 novembre à Paris, porte de Versailles, concomitamment au Salon des maires et des collectivités locales (SMCL).

A seize mois des prochaines élections municipales, l’heure est au bilan du mandat entamé en 2008. Positif pour la plupart des élus ayant répondu à notre questionnaire au terme d’un exercice jugé toujours aussi complexe : 76 % des élus estiment plus difficile d’être maire en 2012 qu’en 2011, soit 10 points de plus qu’en 2011.

Ce sentiment explique en partie leur indécision sur une nouvelle candidature en 2014 : 40 % ne se prononce pas à ce stade et 20 % ont d’ores et déjà renoncé à se représenter. Moyens financiers et avenir de la décentralisation sont au cœur de leurs préoccupations.

Un contexte financier oppressant

C’est une évidence : la baisse annoncée des dotations de l’Etat pour 2014 et 2015 et le durcissement des conditions d’accès au crédit bancaire inquiètent les élus.

Le maintien de la capacité d’investissement communale reste leur préoccupation commune.
Mais 74 % des élus, dont 60 % de communes de plus de 10 000 habitants, estiment qu’ils auront du mal à assurer le maintien de la qualité des infrastructures, selon le sondage TNS Sofres réalisé pour l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), à l’occasion de la XIIe Conférence des villes.

Contrairement aux usages des fins de cycles électoraux, seuls 30 % des maires prévoient d’augmenter leurs investissements. Dès lors, comment soutenir le développement local et l’emploi devenus, face à la crise, l'une de leurs priorités ?

Dans ces conditions, l’appel du président du Sénat à « faire avancer le chantier de l’agence de financement des collectivités » ne peut que rassurer les principales associations nationales d’élus mobilisées en ce sens (*) depuis deux ans (lire notre entretien avec Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée chargée de la Décentralisation).

Des attentes en suspens

La réforme territoriale est aussi dans tous les esprits. Les élus souhaitent un renforcement de la décentralisation et le transfert de nouvelles compétences aux collectivités. Le texte du gouvernement ne sera finalement dévoilé que début 2013.

Les élus ont déjà fixé leurs priorités en la matière.

  • Ils attendent avant tout une réelle clarification des compétences.
  • Deux maires sur trois veulent aussi en finir avec "la maladie de la norme". Le président du Sénat a pris les devants et "donné mission à la commission des lois et à la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation de proposer un texte visant à la régulation des normes".
  • Enfin, les élus souhaitent que la future loi renforce le statut de l’élu.

Complexité du mandat local, incertitude sur le financement des investissements locaux, attente d’une clarification des compétences et d’un renforcement du statut de l’élu… l’incertitude qui prévaut sur ces sujets pourrait expliquer l’attentisme des élus sur leur choix de se représenter aux élections municipales de 2014.

Dans cet entre-deux, les maires demeurent réservés face aux premières mesures législatives impactant les collectivités territoriales. Ils montrent peu d’enthousiasme à l’idée de recruter des emplois d’avenir. Tandis que le projet de loi relatif au mariage pour tous suscite chez eux un fort clivage, une courte majorité y étant opposée.

Fiche technique

Ce baromètre a été conçu, pour la deuxième année consécutive, par "le Courrier des maires", en partenariat avec Income Consulting. Entre le 14 septembre et le 1er octobre 2012, un questionnaire a été adressé par e-mailings à 32 130 maires et adjoints. 457 élus ont répondu à ce questionnaire (68 % de maires, 32 % d’adjoints), élus à 82 % dans des communes de 5 000 habitants et moins.  Les comparaisons entre 2012 et 2011 sont analysées sans redressement.

(*) Association des maires de France (AMF), Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), Association des communautés urbaines de France (ACUF), Assemblée des départements de France (ADF), Association des régions de France (ARF), Assemblée des communautés de France (AdCF) et Fédération des villes moyennes (FVM).

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