L'Office national des forêts retrouve la stabilité

Martine Kis

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Jean-Yves Caullet, nouveau président de l'Office national des forêts (ONF), assure que les « angoisses existentielles » peuvent être oubliées : les effectifs ne baisseront plus et l’ONF restera un établissement public.

"Le maillage de l'Office national des forêts (ONF) sera stabilisé à l'horizon 2016 », a affirmé Jean-Yves Caullet, président du conseil d’administration de l'ONF, lors d'une conférence de presse le 28 mars 2013, à peine plus d'une semaine après sa nomination, le 20 mars.

Le nouveau président est revenu sur la période de traumatisme vécue par les agents de l'ONF durant les années de RGPP pour souligner que la page était tournée. Alors que les agents étaient formés pour gérer les multiples potentiels de la forêt sur le long terme, les exigences de la RGPP semblait réduire leur mission à la simple exploitation d'une ressource censée subvenir aux besoins de l'ONF, avec des réductions d'effectif. S'ajoutait une réflexion sur un changement de statut de l'établissement. Au point que les communes forestières s'inquiétaient d'une forme de privatisation.

Etablissement public
Cette période est  révolue. « Le président de la République l'a clairement dit, rappelle Jean-Yves Caullet: “L'ONF est un établissement public avec une mission d'intérêt général sur le long terme qui vise la multifonctionnalité et une exploitation durable de la forêt dans le cadre des enjeux du réchauffement climatique”. »

Avec 6 000 agents sur le terrain, sur 9 000 au total, soit 1 agent pour 1 500 à 2 000 hectares, l'ONF est un mesure d'assurer sa mission”,
Jean-Yves Caullet, président de l'ONF

Avec 6 000 agents sur 9 000 sur le terrain, soit 1 agent pour 1 500 à 2 000 hectares, l'ONF est un mesure d'assurer sa mission, selon le président qui, par ailleurs député-maire d'Avallon (Yonne), veut rassurer les élus. Un souci compréhensible, la contribution des communes au budget de l'ONF ayant augmenté via une contribution à la surface aux frais de garderie de l’ONF de 2 €  l'hectare.

Commerce extérieur
L'une des préoccupations du nouveau président est de participer à la création d'une filière bois qui participe à la réduction du déficit du commerce extérieur. Dans ce but, il faudrait développer les usages du bois, mais sans accentuer les déséquilibres. Ainsi, une exploitation privilégiant le bois-énergie se ferait au détriment du bois d'œuvre. Mais il ne faudrait pas non plus qu'une demande en bois d’œuvre augmentant trop vite accroisse le volume des importations. Jean-Yves Caullet souhaiterait développer la forêt de feuillu. Pour ce faire, il faut non seulement susciter une demande mais réaliser un gros travail réglementaire et normatif pour contrebalancer l'avance prise par les pays du Nord.

Multifonctionnalité
Le président ne perd pas de vue la dimension multifonctionnelle de la forêt et donc des missions de l'ONF : production de bois, préservation de l'environnement et accueil du public. Ainsi, ses agents seraient-ils parfaitement à même d'intervenir pour des missions au titre de la future agence nationale de la diversité. « L'ONF n'est pas jalouse des compétences de ses agents. Ils peuvent réaliser des actions pour d'autres avec une convention. »

Reste que l'une de ses principales vocations est de gérer et exploiter la forêt. « Aujourd’hui, 40 % du bois mis sur le marché vient de l'ONF. Mais sur son budget de 823 millions d'euros, 25 % viennent des recettes du bois, contre 50 % il y a 15 ans. L'équilibre budgétaire reste à construire. »

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