L'Avuf fête ses 20 ans sous le signe de la coopération territoires-universités

Marion Esquerré
L'Avuf fête ses 20 ans sous le signe de la coopération territoires-universités

Geneviève Fioraso

© Flickr/Min-ES&R

L'Association des villes universitaires de France (Avuf) a tenu son assemblée générale et organisé un colloque à l'Hôtel de Ville de Paris, les 9 et 10 décembre 2013. L'importance du lien entre l'université, le territoire et le monde économique local a été martelé lors de la journée de clôture, tant par les adhérents de l'association que par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso.

« On parle beaucoup de territorialisation et de contrats Etat-régions. Mais nous aimerions que l'on parle désormais de contrats de plan Etat-territoires pour prendre en compte les communes ». C'est sur cette revendication qu'Hélène Mandroux, maire de Montpellier et présidente de l'Avuf, a ouvert la deuxième et dernière journée du colloque organisé par son association, à l'occasion de son 20e anniversaire. « Pendant trop longtemps, nous avons considéré que l'université était un monde à part, duquel nous n'avions pas à nous mêler. Puis, nous avons pris conscience de l'importance de l'ouverture de l'université au monde de l'économie, puis, plus généralement, au territoire. »

L'Avuf réfléchit depuis sa création aux interactions entre ces acteurs. Comment créer des synergies entre l'économie locale et l'université tout en respectant le caractère national que doivent conserver les diplômes ? Comment les collectivités peuvent-elles contribuer à l'attractivité des universités ? Comment peuvent-ils tous participer aux bonnes conditions d'études des élèves ? De nombreux témoignages ont fait état de ces questionnements et des solutions locales qui y ont été apportées.

L'intégration économique des étudiants en Artois
C'est le cas de l'université d'Artois et des cinq communes sur les territoires desquelles elle est répartie : Arras (siège), Lens, Béthune, Liévin et Douai. « Il y a 20 ans, quand l'université est née, elle s'est faite en dupliquant les formations de nos voisins lillois, a raconté Pascquale Mammone, vice président de l'université d'Artois. Mais nous avons finalement compris que l'on ne se développerait pas sans se différencier. Cette différenciation passe par le développement territorial. Ce n'est pas aisé car cela implique de changer les projets de recherche. Mais on y parvient. »

Ainsi, la communauté urbaine d'Arras a investi dans un plateau technique et la création d'un nouveau laboratoire de recherche dédié à l'agroalimentaire, une importante industrie du secteur. De son côté, l'université d'Artois a recruté un professeur et deux maîtres de conférence pour travailler dans ce pôle d'excellence.

Nous avons travaillé à un projet éducatif, renforcé par une centaine d'étudiants dont des étudiants chinois de l'Institut Confucius”
Frédéric Leturque, maire d'Arras

Pour les communes de l'université d'Artois, il y a un autre défi à relever : créer du lien entre les différents établissements, notamment pour améliorer le quotidien des étudiants. Frédéric Leturque, maire d'Arras, a insisté sur les mesures prises pour intégrer les étudiants dans le territoire. « Notre grande réussite, c'est celle de la réforme des rythmes scolaires. Nous avons travaillé à un projet éducatif, renforcé par une centaine d'étudiants dont des étudiants chinois de l'Institut Confucius, qui travaillent quotidiennement avec les enfants. »

Parallèlement, un festival de cinéma et le Main Square Festival (10 000 participants) recrutent des étudiants salariés. « La ville d'Arras a ouvert ses grands événements aux étudiants, explique le maire. Mais en travaillant aussi sur le logement, sur les mobilités, c'est au fond la construction de la métropole qui se réalise. »

Associer toutes les collectivités aux contrats pluriannuels
Alors que l'université s'est longtemps développée en périphérie de la ville, de nombreuses communes et intercommunalités repensent désormais leur urbanisation et leurs schémas de déplacement en fonction de ses besoins et de celle de ses étudiants. La "ville universitaire de demain" doit aller dans ce sens, selon l'Avuf : une université et ses étudiants intégrés dans le territoire et son économie, d'où l'importance du rôle des collectivités locales, longtemps éloignées de ce monde.

La réussite des étudiants et la qualité des recherches dépendent de l'insertion de l'université dans un écosystème villes-économie-association”
Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

La ministre Geneviève Fioraso, elle-même ancienne adjointe en charge de l'université grenobloise, a approuvé cette volonté globale lors de son intervention devant les adhérent de l'association. « La réussite des étudiants et la qualité des recherches dépendent de l'insertion de l'université dans un écosystème villes-économie-association, a-t-elle affirmé. J'en ai tiré une méthode qui a fait que tous ces acteurs se retrouvent autour de la table des négociations sur bien des dossiers. »

Et d'énumérer : l'opération Campus restée en stand-by plusieurs années, l'opération du plateau de Saclay, le lancement de la phase 1 du projet Condorcet à Paris… mais aussi la préparation de la prochaine vague de contrats de plan Etat-région. « Ces contrats pluriannuels doivent associer les régions, mais aussi les autres collectivités, même si elles n'en seront pas formellement signataires », a expliqué la ministre.

Intégrer les élus régionaux à l'association
Les régions, justement. Après l'arrivée en son sein cette année des Crous – une satisfaction particulière pour l'Avuf –, cette dernière voudrait engager des discussions avec l'Association des régions de France. Déjà, de nombreuses associations d'élus sont partenaires de l'Avuf. Mais un rapprochement avec l'ARF faciliterait à coup sûr le dialogue entre les régions et les collectivités concernées dans le cadre des futurs contrats de plan.

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