Gouvernement ou Assemblée, « la parité réelle est loin d’être atteinte » regrette le HCEFH

Gouvernement ou Assemblée, « la parité réelle est loin d’être atteinte » regrette le HCEFH

Au lendemain de la nomination du Gouvernement Borne 2, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) pointe du doigt une équipe gouvernementale affichant une parité de façade, réservant ses portefeuilles régaliens aux hommes. L’Assemblée nationale ne fait pas beaucoup mieux au niveau des présidences de commissions…

A première vue, c’est une parité bien ordonnée qui ressort du Gouvernement Borne 2 : 21 femmes dont la Première ministre siègeront à l'Elysée au conseil des ministres aux côtés de 21 hommes. Mais une « parité de façade » regrette le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) : « la répartition des ministères répond, dans la continuité des précédents gouvernements, à des biais de genre et à des stéréotypes de sexe : quatre hommes sont à la tête des cinq ministères régaliens, sept femmes des neuf ministères sociaux (santé, culture, famille, enfance, handicap, jeunesse…) », relève-t-il.

Des degrés de responsabilités genrés

Un autre accroc à la parité se situe au-delà des chiffres : « derrière la parité purement quantitative se joue aussi la parité de responsabilité : neuf des dix secrétariats d’Etat sont tenus par des femmes, contre cinq sur seize (ministères) de plein exercice, permettant d’atteindre une parité purement arithmétique ». Une dichotomie que l’on retrouve aussi souvent dans les exécutifs locaux, où plus l’on monte les échelons, de « simple » conseiller municipal à adjoint puis maire par exemple, plus les mandats sont trusté par des hommes. Enfin, le portefeuille chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes « n’est toujours pas un ministère de plein exercice », regrette le HCEFH.

Voilà pour le pouvoir exécutif. Mais le pouvoir législatif ne fait pas beaucoup mieux, malgré là aussi un signe encourageant avec l’élection de Yaël-Braun Pivet au perchoir de l’Assemblée, première femme à occuper ce poste. « Seules deux des huit commissions permanentes sont présidées par des femmes » ; et sur des portefeuilles genrés – affaires culturelles et éducation ; affaires sociales ».

Les prochaines nominations à la tête des délégations, et notamment celle à la décentralisation et aux collectivités locales, pourraient rééquilibrer un peu le tout. Reste qu'au niveau purement politique, « seules 3,5 femmes [le groupe écologiste a choisi un binôme paritaire pour le présider, ndlr] dirigent un des 10 groupes parlementaires », observe le Haut comité.

Un recul - relatif - de la féminisation du Palais-Bourbon

Le HCEFH ajoute regrette par ailleurs que « pour la première fois depuis 1988, on constate un recul de la place des femmes, qui occupent désormais à peine plus d’un tiers (37,3%) des sièges », contre 38,7 % lors de la législature précédente. Mais cette législature 2017-2022 constituait toutefois un record, puisque le taux de féminisation du Palais-Bourbon n’avait auparavant jamais dépassé 27 % (2012-2017) après avoir débuté sous la Ve République à… 1,3 % en 1958.

A la lumière de ces chiffres, le HCEFH annonce qu’il « conduira ces prochains mois un travail approfondi sur la parité et l’égalité dans la sphère politique nationale – présidence, ministères, Assemblée nationale, Sénat – et la composition des cabinets ministériels, à travers la publication d’un rapport dédié prévu à l’automne 2022 ».

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