David Cormand, délégué aux élections EELV : "Le scrutin de liste permet une candidature autonome au premier tour"

Martine Kis
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Revue de presse (semaine du 1 au 7 mai 2013) « Cédis Formation - 07/05/2013 14h:01

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Avec la mise en place progressive des « fabriques citoyennes », Europe Ecologie-Les Verts (EELV) lance la campagne des municipales. La consigne : pas d'alliance avec le PS au premier tour dans les villes de plus de 100.000 habitants. Selon David Cormand, délégué aux élections, aux élu-e-s et aux relations extérieures, et conseiller municipal à Canteleu (Seine-Maritime), le mode de désignation des élus intercommunaux est un "trou noir démocratique".

Le Courrier : Comment EELV lance-t-il la campagne des élections municipales?

David Cormand. Les Verts sont toujours très attachés à la démocratie participative. Les groupes locaux, composés d'adhérents, parfois en association avec des écologistes et des citoyens, mettent en œuvre des "fabriques citoyennes". Il s'agit de réunions thématiques, par exemple les déplacements, l'éducation, l'écologie urbaine, pour discuter avec les habitants sur leurs souhaits pour leur ville, sur leur vécu. De là émergeront des projets et des équipes de candidats. Les fabriques démarrent doucement. Il en existe déjà, par exemple à Rouen, à Grenoble, ou encore à Mauguio dans l'Hérault.

EELV donne-t-il des consignes pour l'établissement des listes municipales?

D.C. Non, statutairement, ce sont les adhérents locaux qui décident de la stratégie et des candidats. Il y a cependant une indication nationale : une stratégie d'autonomie dans les villes de plus de 100 000 habitants. L'idée est de proposer un projet écologiste et les élections municipales s'y prêtent bien. Le scrutin de liste permet une candidature autonome au premier tour et de figurer sur une liste au second.

Cette consigne sera-t-elle bien suivie?

D.C. La plupart des villes la suivront. La déception vis-à-vis du gouvernement est grande et n'encourage pas à reproduire au niveau local l'alliance nationale. L'alliance avec la droite sera impossible, mais ne sera pas automatique avec la gauche. Le maintien au second tour sera possible.

Quand les listes seront-elles constituées et selon quelles modalités ?

D.C. Elles le seront entre le début de l'été et novembre. Les adhérents EELV désigneront les candidats. Il n'y aura pas de primaires. Elles seraient trop lourdes à organiser et le scrutin de liste permet de départager entre les personnes. Dans les grandes villes, nous pouvons solliciter des candidatures. Ailleurs, elles sont spontanées. Avec 10 000 adhérents pour 36 000 communes, le ratio est vite fait. Nous avons aussi des candidatures d'ouverture. La moitié des candidats que nous présentons n'est pas encartée.

Le mode de scrutin retenu pour l'intercommunalité est le trou noir de la démocratie”

Qu'en est-il du fléchage pour l'intercommunalité?

D.C. Il y aura des discussions sur le fléchage, puisque  l'intercommunalité concentre de plus en plus de pouvoir. Le mode de scrutin retenu pour l'intercommunalité est le trou noir de la démocratie. Nous dénonçons le fait que les intercos et les métropoles détiennent des compétences énormes sans scrutin direct. Il y a un risque de féodalisation de la République. Le président d'une métropole traite avec les maires comme avec des vassaux, sans contrôle démocratique direct. Les habitants de la métropole ne peuvent pas le sanctionner. Seuls les habitants de la ville-centre le peuvent.

Quels seront les thèmes de campagne privilégiés par EELV?

D.C. On peut les regrouper en quatre thèmes.
- Le service public et l'égalité des territoires. Cela comprend aussi bien les transports publics que la petite enfance et l'éducation que les services publics de l'eau et de l'énergie. Nous voulons un renforcement de la municipalisation avec retour ou création de régies. Ce sera un critère important pour la fusion des listes.
- L'écologie urbaine, avec la nature en ville, les différents risques, la lutte contre l'imperméabilisation, le maintien d'une agriculture périurbaine.
- Le logement, qui est un enjeu majeur, les communes étant en première ligne pour trouver des solutions.
- Enfin, la qualité de vie, avec la culture, les loisirs.
Le thème social n'apparaît pas en tant que tel car il est transversal, et se retrouve avec la question des services publics, du logement.

Ces thèmes sont plutôt urbains. Est-ce que cela reflète la sociologie plutôt urbaine de vos candidats?

D.C. Il est vrai que notre sociologie est plutôt urbaine. Mais nous avons de plus en plus de maires ruraux et plus de candidats. Ce peut être par exemple des cadres administratifs qui ont pris leur retraite dans le milieu rural. Et il y a une prise de conscience de plus en plus importante des enjeux environnementaux.

Quelle sera la position d'EELV sur le cumul des mandats et la transparence?

D.C. Elle est claire: pas plus d'un mandat exécutif. D'ailleurs nous souhaitons que la loi sur le cumul des mandats s'applique dès 2014. Concernant la transparence, EELV est pour la transparence pour les ministres et les parlementaires. Faut-il l'élargir aux membres des exécutifs avec délégation de signature? La question est posée.

Les 36 000 communes sont un atout pour la France”

Pensez-vous qu'il faudrait réduire le nombre de communes?

D.C. Non, le maillage de 36 000 communes correspond à un service public de proximité, bénévole la plupart du temps. Conserver ce réseau de gens dévoués est un atout pour la France. Il faut le prendre en compte via un statut de l'élu. C'est une priorité. Bien plus que la question des parlementaires. Il faut reconnaître ce travail, via la VAE, la retraite. Leur donner des moyens administratifs. La disparition des services de l'Etat est un sujet à traiter.
Mais il faut supprimer les départements. C'est une collectivité archaïque, sans liberté budgétaire. Ils n'ont pas changé depuis 200 ans. C'est unique au monde. Le nouveau mode de scrutin aussi est archaïque. Pourquoi n'y a-t-il pas de scrutin de liste proportionnel ? Avec les fusions, il n'y aura même plus l'argument de la proximité. Ce scrutin existe pour la satisfaction de petites baronnies locales. En revanche, il faut renforcer la région stratège, avec les intercommunalités, relais de la réduction des inégalités avec les régions.

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