Coupures d’électricité : les élus locaux s’inquiètent de délestages annoncés trop tardivement

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Coupures d’électricité : les élus locaux s’inquiètent de délestages annoncés trop tardivement

L’Association des maires de France et Intercommunalités de France invitent l’Etat à préparer plus en amont avec les préfets et élus locaux les futures coupures d’électricité qui impacteront les services publics locaux. Et les deux associations d'élus verraient bien d’autres de ces services intégrés à la liste des sites prioritaires épargnés par les coupures.

 

Avec le froid qui s’installe sur le pays, la probabilité de coupures d’électricités programmées se fait croissant au regard de la capacité insuffisante de production du pays. Des délestages qui inquiètent les élus locaux, et particulièrement s’agissant des activités non-protégées.

Premier exemple avec les potentielles fermetures d’écoles qui pourront subir jusqu’à trois délestages en tout pendant l’hiver, chacun pendant quelques heures. Or, « des coupures d’électricité entraîneraient mécaniquement l’arrêt des systèmes d’alarme et anti incendies, du chauffage, des serveurs informatiques, des systèmes anti-intrusion, des ascenseurs, et parfois de l’alimentation en eau, ainsi que du transport scolaire menaçant la continuité du service public scolaire, alerte l’Association des maires de France. Et de souligner « que les maires, en tant que responsables de la police des établissements recevant du public, doivent déterminer si les conditions de réouverture des établissements scolaires sont réunies et engagent leur responsabilité pénale ».

Les sites de traitement de l'eau particulièrement vulnérables

Autre dossier qui inquiète les édiles : ces coupures d’électricité « menacent l’activité des sites de traitement et d’assainissement de l’eau, avec des conséquences majeures pour les habitants : hôpitaux sans eau, poteaux incendie inutilisables, pollution de la mer et des rivières par les eaux usées, etc. » égrène l’AMF. Même inquiétude à Intercommunalités de France qui craint de probables « désordres sur les réseaux d’eau et assainissement, pouvant notamment entraîner des rejets d’eaux polluées dans la nature, alors que nos réserves en eau ont été durement éprouvées ces derniers mois ». Raison pour laquelle l’AMF réitère sa demande que ces sites de traitement de l’eau soient classés en sites prioritaires et ce classement notifié aux préfets

Enfin, la question des délais est aussi au cœur des récriminations des associations d’élus. « Il est indispensable pour l’organisation de tout service minimum que l’Etat fournisse aux communes des informations plus en amont des coupures. Le délai de prévenance la veille à 17h (au mieux) prévu actuellement ne permettra pas d’avoir une communication précise et adaptée en direction des habitants et de nos agents », prévient l’AMF. Et d’illustrer : « ce délai rend également tout service de restauration collective lors de la pause méridienne matériellement impossible. Une alerte à 12h serait compatible avec un objectif de service minimum, notamment de la cantine scolaire que parallèlement l’Etat demande aux communes de maintenir ».

Même conséquence pour des publics isolés, relève Intercommunalités de France : « des coupures d’électricité, même de deux heures, pourraient entraîner de graves désagréments pour les publics vulnérables et isolés ne bénéficiant pas de moyens d’informations, particulièrement en milieu rural ».

Protocoles et groupe de travail réclamés

De ce constat, les deux associations d’élus en concluent que le degré d’anticipation de ces décisions de l’Etat n’est pas suffisant, tout comme le niveau de coordination avec les élus locaux et les préfets au niveau territorial. Là où L’AMF propose pour sa part « un travail de concertation en amont pour que les décisions en matière de gestion du délestage puissent être adaptées aux réalités locales et à la vie des habitants », Intercommunalités de France suggère de « mettre en place, en amont, des protocoles anticipés précis en lien étroit avec les élus locaux aux côtés de chaque préfet de département ».

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