Baromètre du "Courrier des maires" - Renforcer la décentralisation ?

Les maires des grandes communes y seraient favorables. A condition, toutefois, de disposer des moyens liés aux compétences transférées.

34% des élus pensent que l'Etat doit recentraliser la gestion de certaines compétences. Ce n'est pas une majorité, certes, mais un chiffre qui traduit un désarroi, notamment chez les élus de communes de moins de 5.000 habitants, dont plus d'un tiers exprime ce souhait.

Pour ceux-là, le désengagement de l'Etat d'un certain nombre de missions (urbanisme, délivrance de passeports, sécurité, etc.) n'a guère été suivi d'une allocation de moyens, financiers et humains, correspondants. Un déséquilibre encore aggravé par la révision générale des politiques publiques qui, responsable d'une forte réduction des services déconcentrés, a laissé ces collectivités sans conseil, ni soutien. En attendant que les intercommunalités jouent pleinement leur rôle.

Seuls 40 % des élus des petites communes souhaitent un renforcement de la décentralisation.
En revanche, au-dessus du seuil des 5.000 habitants, 68% des élus le veulent. A condition, toutefois, qu'ils disposent des moyens nécessaires.

Logiquement, et de manière beaucoup plus marquée qu'en 2007, 70% des élus estiment que la réforme de la fiscalité locale est l'un des chantiers les plus urgents à conduire lors de la prochaine législature (ils étaient 57% en 2007).
Un chantier qui doit, pour 60% d'entre eux, s'accompagner d'une clarification des compétences.

Les deux tiers des élus soulèvent la délicate question des normes, dont ils souhaitent, à 65%, la simplification.
Le gouvernement (rapport et proposition de loi Doligé) et le président du Sénat en sont convaincus, ce qui devrait faire avancer le sujet. Le renforcement du statut de l'élu est aussi une attente forte des maires.

"Renforcer le dialogue"

Patrick Leclerc,
maire de Landerneau (Finistère), vice-président de la CC du Pays de Landerneau-Daoulas

"Entre la réforme de la fiscalité, celle des collectivités, l'instauration des conseillers territoriaux et la poussée de l'intercommunalité, la remise en question est musclée ! Ces transformations se télescopent parfois avec les réalités du terrain, ce qui s'avère alors improductif. Les compétences s'enchevêtrent, ralentissant les projets, et les normes se multiplient, impactant lourdement les budgets avant de disparaître, pour certaines, à peine entrée en vigueur ! Le dialogue avec les élus de terrain mérite d'être approfondi. La décentralisation devra avoir toute sa place dans le débat présidentiel car elle est un vecteur puissant du développement national."

Laurence Denès, novembre 2011

Recevez vos newsletters gratuitement

FORMATIONS