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Développement durable 14/09/2021

Transition écologique : le « Shift Project » de Jean-Marc Jancovici interpelle les élus locaux

par Hugo Soutra
Le maire et la transition écologique © Adobe

Dans la foulée du sixième rapport du GIEC, « The Shift Project » a publié le 14 septembre un épais rapport sur la résilience des territoires et la transition écologique. La première publication de ce think-tank présidé par Jean-Marc Jancovici entièrement consacrée aux collectivités territoriales. Recommandant d’« anticiper une transformation économique, sociale et politique à hauts risques », les auteurs veulent aider les élus à mettre en œuvre des « stratégies de résilience de territoire dans un contexte de transition post-carbone ».

Lors de l’entretien qu’il nous avait accordé en début d’année, Jean-Marc Jancovici ne s’était pas franchement embarrassé de langue de bois. Le président de « The Shift Project » ne cachait pas sa lassitude vis-à-vis de la multiplication des « déclarations d’état d’urgence climatique », des engagements métropolitains à atteindre la « neutralité carbone », des projets municipaux visant à atteindre l’« autonomie » énergétique ou autres votes de « budgets verts », etc. Sans pour autant « jeter la pierre » aux élus locaux ni « rejeter la faute sur des décideurs politiques schizophrènes »

Bien conscient du rôle stratégique des collectivités territoriales dans la dé-carbonation de nos sociétés, ce polytechnicien, ancien ingénieur de l’ADEME, déplorait surtout le manque de connaissances, de formations et de ressources à la disposition des décideurs territoriaux. Pour les aider à dépasser les discours de façade, donc, les équipes du « Shift Project » viennent de publier un rapport, en trois tomes, sur « la résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique ». Il sera présenté officiellement mardi 14 septembre au soir, en présence des élus de Charleville-Mezières et Dunkerque, Boris Ravignon et Patrice Vergriete, de la vice-présidente de la région Occitanie Agnès Langevine, mais aussi de l’AdCF et du Cerema.

Anticiper le changement climatique, partout

S’excusant presque d’utiliser « une notion passe-partout, devenue à la mode » – la résilience -, son principal superviseur Laurent Delcayrou justifie d’avoir fait sienne la définition du Cerema : « les territoires sont de plus en plus soumis à des chocs climatiques, qui ont des conséquences locales de plus en plus visibles. Il n’y a plus un seul territoire pouvant se considérer, aujourd’hui, à l’abri du changement climatique » rappelle d’emblée cet ingénieur agronome, économiste de formation : « la résilience correspond justement à la capacité des territoires à anticiper et s’adapter pour se développer durablement quelles que soient les perturbations ».

Lire aussi : « Les villes n’atteindront pas seules la neutralité carbone » prévient Jean-Marc Jancovici  

Ancien étudiant de l’ESSEC en économie urbaine ayant fait ses armes à la Cour des Comptes ainsi qu’en collectivité, Corentin Riet interpelle à son tour le personnel politique local : « il vous faut éviter que les effets du changement climatique n’empirent, au point de devenir ingérable. C’est l’assurance, sinon, de crises économiques, politiques ou sociales majeures sur vos territoires » prévient ce chargé de projet « Stratégie de résilience des territoires » du Shift.

Après avoir mis en garde contre « sept pêchés territoriaux »(1), les deux compères invitent les exécutifs, leurs entourages et les cadres territoriaux à prendre connaissance des retours d’expérience qu’ils ont pris soin d’analyser. Un tableau synthétique recense également différents exemples d’actions souhaitables par type d’acteurs.

De l’importance de la formation aux élus…

« Il y a tellement de rapports disponibles que ça devient confus et illisible. C’est pourquoi nous n’avons pas souhaité accumuler l’expertise mais davantage présenter des actions concrètes pour les aider à bifurquer vers de nouveaux projets de territoire sobres et résilients » défend Laurent Delcayrou. Les cinq principales portes d’entrées résident, selon lui, dans la transformation de l’administration territoriale, l’alimentation, le développement économique local, la santé et l’urbanisme.

Chacun des chapitres de ce « manuel » est ponctué de prescriptions – une soixantaine au total – et de ressources-clés. « La mère de toutes nos recommandations, s’il n’y en avait qu’une à retenir, serait d’investir massivement dans la formation. Le partage et la production de connaissances sur les effets locaux des dérèglements climatiques et écologiques avec l’ensemble des acteurs territoriaux (agents et élus du secteur public local ou de l’Etat, citoyens, entrepreneurs, responsables associatifs) est le préalable pour commencer à organiser et transformer son territoire de manière systémique ».

Note 01:

ignorance, techno-solutionnisme, cloisonnement, désinvolture, perfidie, agitation et irresponsabilité. - Retourner au texte

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