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Crise sanitaire 19/03/2021

Un confinement sept jours sur sept mais repensé pour un Français sur trois

par Aurélien Hélias
Paris confiné en mars 2020 © Adobe stock

Dans 16 départements dont ceux d’Ile-de-France et des Hauts-de-France, c’est un confinement sept jours sur sept qui s’appliquera à partir de ce soir minuit. Un tour de vis rendu nécessaire par l’explosion des cas de covid-19, justifie le Gouvernement, mais un confinement dont les dérogations seront plus souples que lors du printemps 2020. Le couvre-feu dans l'ensemble du pays est repoussé à 19h.

38 000 cas sur la seule journée de mercredi, 35 000 jeudi ; une hausse des cas de 23,6 % en une semaine et 330 nouveaux malades qui arrivent en réanimation chaque jour : à nouveau, Jean Castex a égrené les chiffres témoignant de la persistance et de la gravité de l’épidémie, lors de sa conférence de presse jeudi 18 au soir.

Dans l’œil du cyclone, deux régions qui ont franchi ou s’apprêtent à franchir les seuils d’alerte de 400 cas pour 100 000 habitants : l’Ile-de-France, avec 446 cas, et les Hauts-de-France, avec 381 cas. En tout 16 départements, affichent une « situation critique » : les 8 d’Ile-de-France et 5 des Hauts-de-France donc, mais aussi les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l’Eure. En tout, quelque 22 millions de Français, soit un sur trois, sont concernés.

Le confinement le week-end jugé « insuffisant »

Et c’est donc un confinement sept jours sur sept qui attend ces départements à partir de vendredi minuit et ce pour quatre semaines au moins. Car l’option de ne confiner que le week-end a semblé insuffisante aux yeux de l’exécutif au regard des tentatives localisées récentes : « Le confinement le week-end qui s’applique dans les Alpes-Maritimes et le Pas-de-Calais depuis quelques semaines, a eu un effet réel mais le bilan que l’on peut en faire est qu’il est insuffisant pour casser fortement la dynamique de l’épidémie, qui s’accélère », n’a pu que constater le Premier ministre.

L’exécutif s’en tient donc à sa ligne d’une « stratégie territorialisée »  mais avec « des mesures beaucoup plus fortes » dans ces 16 départements via un confinement tout la semaine. Toutefois, les conditions de sorties dérogatoires s’avéreront beaucoup plus souples que lors des confinements de mars et novembre 2020, notamment pour les déplacements hors domicile visant à se promener ou faire du sport « car on sait aujourd’hui qu’on se contamine infiniment moins quand on se promène en plein air qu’en étant regroupés, sans masque, en intérieur », a justifié Jean Castex. Ainsi, il sera possible de sortir de chez soi pour se promener, s’aérer ou faire du sport, en journée, sans aucune limitation de durée mais avec une attestation et à la condition de rester dans un rayon limité à 10 kilomètres autour de chez soi, contre 1 km et une heure par maximum lors du premier confinement. Seuls les déplacements inter-régionaux seront interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels, pour les habitants des territoires concernés.

Seuls les commerces de première nécessité peuvent rester ouverts mais les librairies et disquaires en font désormais partie.

Le dispositif de couvre-feu est maintenu selon les mêmes règles mais passera dès samedi prochain de 18 heures à 19 heures, et concernera tous les départements, y compris les 16 qui doivent respecter des mesures de confinement.

Davantage de soupapes pour laisser respirer les Français confinés

Un cadre général plus strict mais des possibilités dérogatoires plus larges et plus nombreuses : l’exécutif tente donc un certain « en même temps » pour gérer au mieux l’épidémie et l’acceptation sociale des mesures de privation de liberté. L’idée : « rendre possible le fait d’être à l’extérieur, mais pas d’aller chez des amis pour y faire la fête ou s’y retrouver en nombre, sans distance ni masque. […] Profitons librement des espaces extérieurs mais soyons très rigoureux pour proscrire les regroupements privés ou dans l’espace public », a décrypté Jean Castex.

Cette approche vaut également pour l’éducation. D’un côté, les écoles et collèges restent ouverts et le gouvernement va même jusqu’à assouplir les conditions dans lesquelles l’activité sportive des mineurs pourra être pratiquée : « l’éducation physique et sportive, sur le temps scolaire, pourra reprendre normalement et les activités sportives extra-scolaire en plein air des mineurs seront maintenues ». Mais de l’autre, tous les lycées doivent basculer en demi-jauge et les universités continuer de fonctionner selon le rythme actuellement en vigueur.

Autant de mesures qui pourraient « être étendues, si nécessaire, à d’autres parties du territoire » si l’épidémie venait à impacter aussi durement d’autres départements de métropole ou d’outre-mer.

 

L’appel aux maires pour les vaccinodromes

Lors de son allocution, Jean Castex a également évoqué la vaccination en cours et les lieux pour y procéder. « Vous pouvez désormais vous faire vacciner chez votre médecin ou votre pharmacien. Vous pouvez aussi vous rendre dans un centre de vaccination. Il y en a déjà environ 1 500 en France et nous allons en créer davantage, avec les maires et les élus locaux que je remercie pour leur engagement ». Reste à résoudre la question du financement de ces « vaccinodromes » pour lesquels certains élus locaux réclament un geste de l’Etat.

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