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[Edito] Présidentielle 2022 02/03/2021

La présidentielle, omnipotente élection

par Aurélien Hélias
experience-vote-electronique-presidentielle-2007 © Flickr/François-Fierdelêtre

Alors qu'il a repoussé nombre de propositions du Parlement pour faciliter le vote lors des prochaines régionales et départementales, le Gouvernement s'est mis en tête d'autoriser le vote par anticipation... et via des machines à voter pour la présidentielle 2022. En toute improvisation...

La crise sanitaire persistante et l’approche d’un double scrutin, régionales et départementales, n’y font rien : c’est une autre élection qui est dans toutes les têtes, plus d’un an avant sa tenue : la présidentielle. Les maires n’y échappent pas, certains se sentant pousser des ailes. De Paris à Grenoble, de Saint-Etienne à Cannes, les aspirations à la magistrature suprême de « grands » édiles fleurissent.

Le sujet occupe aussi députés et sénateurs. Le projet de loi dédié à la présidentielle, consensuel car technique, devait être une formalité, inscrivant dans la loi les délais de convocation des électeurs. Mais voilà que le gouvernement a sorti de son chapeau en toute fin de navette parlementaire un amendement instaurant ni plus ni moins qu’un vote anticipé et par machine à voter pour les électeurs volontaires !

Maires ignorés

Sur la forme, instaurer une telle révolution électorale, en catimini, relève d’une légèreté coupable. S’il est légitime d’étudier la facilitation du vote dans ce lourd contexte sanitaire, d’évaluer les dispositions mises en œuvre jusqu’ici et leurs capacités à soutenir la participation, ces évolutions radicales ne doivent certainement pas être imposées à la va-vite. La consultation des forces politiques et des maires sur qui repose l’organisation des scrutins aurait dû être engagée dès le lendemain des municipales. Et cette agitation soudaine de l’exécutif témoigne de sa propension à s’inquiéter davantage de l’abstention à l’élection suprême dans treize mois qu’à celle des régionales de juin…

Sur le fond, on cherche encore la logique de l’initiative gouvernementale : cantonnées à 66 communes depuis un moratoire de 2008, les machines à voter sont-elles la solution à l’heure des « risques cyber » que la Place Beauvau reconnaît elle-même dans une réponse écrite récente à la question de la députée Mathilde Panot ?

Apprenti sorcier

Apportent-elles les garanties de transparence et de sécurité contre la fraude, au nom desquelles le ministre de l’Intérieur s’opposait encore hier aux doubles procurations et au vote par correspondance pour les élections de juin ? On peut en douter, faute d’une étude sur la sécurité technique de ces machines à voter. Les imposer dans ces conditions est davantage l’acte d’un apprenti sorcier que d’un législateur avisé…

Elections locales 2021 ou présidentielle 2022, les parlementaires avaient pourtant multiplié les pistes afin de favoriser la participation : vote par correspondance, organisation du scrutin sur trois jours, possibilité de confier une procuration à un membre de la famille y compris si celui-ci habite une autre commune… A nouveau, l’exécutif a préféré improviser sur un sujet qui ne le méritait pas.

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