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Santé et urbanisme 22/02/2021

Urbanisme : quand la ville soigne ses habitants

par David Picot
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La moitié de notre état de santé s'explique par notre environnement social et économique. Et 10 % serait lié à notre environnement physique immédiat. De quoi travailler à nouveau au couple urbanisme et santé, un temps oublié. Notre enquête sur ce que peuvent faire les villes pour prendre soin de leurs habitants.

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L’aménagement du territoire bousculé par la crise sanitaire

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Avec son traité « Des airs, des eaux et des lieux », Hippocrate, déjà, voulait attirer l’attention de ses contemporains sur l’impact de notre environnement sur la santé. Au V e siècle avant J-C, il était convaincu que les maladies provenaient de « tout ce que nous introduisons dans notre corps : l’air que nous respirons, les aliments que nous absorbons, les boissons que nous avalons », raconte l’architecte Albert Lévy dans son ouvrage « Ville, urbanisme et santé, les trois révolutions ». Ce lien entre santé et – ce qui n’était pas encore appelé – l’urbanisme a longtemps été distendu, avant de resurgir au XIX e siècle à Londres. La capitale britannique est alors meurtrie par une épidémie de choléra, jusqu’à ce qu’un médecin, John Snow, fasse le lien avec les fontaines à eau de la ville.

A son tour, Paris est frappée : 18 000 morts en 1832. Des médecins comme le Dr Claude Lachaise sonnent l’alarme, accusant l’étroitesse des rues et l’entassement des ménages dans un habitat resserré. Place, alors, au début des réseaux d’assainissement, à l’aération des villes avec la création de parcs et de larges artères comme le fit Haussmann à Paris. Les grandes épidémies disparaissent au moment où la médecine scientifique prend son envol, cristallisant toutes les attentes. Le couple urbanisme et santé s’affaiblit à nouveau, jusqu’au début des années 2000. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit alors les « déterminants sociaux de la santé ». Autrement dit, « les facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui déterminent l’état de santé des populations ». Un clin d’œil à Hippocrate et une façon de rappeler que la santé ne se résume pas au soin et à l’absence de maladie : si, à 40 %, notre état dépend effectivement du système de soins et de facteurs génétiques (1), la moitié s’explique par notre environnement social et économique. Et 10 % de notre santé serait liée à notre environnement physique immédiat.

Lire aussi : Aménagements « santé-compatibles » : sur le terrain, des déclinaisons à doses homéopathiques

 

Urbanisme préventif

« C’est dire la proéminence de l’espace dans lequel nous vivons et de la prévention », résume Cyrille Harpet, chercheur à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). « Aujourd’hui, avec la crise sanitaire, ces deux matières nous reviennent tel un boomerang », complète Sandrine Delage, cheffe de projet à Grand Paris aménagement. Au point de légitimer les apports d’une politique urbaine intégrant des enjeux de santé, tant au niveau des documents stratégiques que sur le terrain ? La tendance émerge mais reste à confirmer par une acculturation des constructeurs de la ville à ce qu’on appelle désormais la santé environnementale. Ou comment les élus peuvent prendre soin de leurs concitoyens… Et, à terme, les retenir dans les grandes villes à l’heure où l’exode urbain en faveur des campagnes et des plus petites villes semble guetter.

Note 01:

Canadian Institute for Advanced Research. - Retourner au texte

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