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[Edito] Libertés publiques 29/01/2021

Guerre des nerfs

par Aurélien Hélias
confinement © Adobe Stock

S'il ne fait aucun doute que la crise sanitaire oblige l'Etat à naviguer à vue sur certains dossiers, comme l'approvisionnement en vaccins, d'autres interrogent sur le manque d'organisation de l'exécutif après le fiasco des masques. Y compris dans sa communication erratique qui ne sert pas l'acceptation sociale des privations de libertés imposées par les couvre-feux et reconfinements successifs...

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’hypothèse d’un reconfinement n’est toujours pas tranchée. De même que la date à laquelle il débuterait. Ni même quand il sera annoncé. Et voilà bien le problème. S’il ne fait aucun doute que la crise sanitaire est sans précédent et oblige l’exécutif à naviguer à vue sur certains dossiers, comme l’approvisionnement en vaccins qui dépend de la productivité des labos, d’autres interrogent sur le manque d’organisation de l’exécutif après le fiasco des masques. Déjà, le secret inviolable des discussions au sein des différents conseils de défense, qui ne font pas même l’objet d’un compte rendu, prêtait à critique. Désormais, il faut aussi régulièrement se passer d’annonces officielles et s’en tenir à de vagues échos arrachés aux détours des couloirs de Matignon, des « off » délivrés par d’anonymes ministres ou par d’obscurs collaborateurs du palais de l’Elysée. Pire encore, ces fuites font désormais l’objet de dissonances entre les entourages respectifs du Premier ministre et du chef de l’Etat.

Les carences de la démocratie sanitaire 

De quoi nourrir toutes les hypothèses possibles et les rumeurs infondées dans un climat d’incertitudes extrême. Mais, faute de prise de parole organisée, qui blâmer si ce n’est un Etat central pour lequel la démocratie sanitaire semble loin d’être la priorité ? Certes, guidés par des arrière-pensées électoralistes, les présidents de région ont beau jeu d’afficher leur volonté de vacciner à tour de bras leurs administrés en commandant eux-mêmes des doses alors qu’ils n’en ont aucunement la compétence. Certains maires ont aussi un peu trop vite installé « leur » centre de vaccination comme s’il suffisait d’ouvrir les portes d’un gymnase pour y voir affluer les précieux sérums de Pfizer et consorts.

Reste que le hiatus entre l’encouragement de l’Etat à ouvrir ces centres et le non-approvisionnement en vaccins conformément au calendrier promis, sans même évoquer de date ultérieure, a de quoi faire sortir de ses gonds plus d’un édile. Là encore, l’information s’avère défaillante, sans que ceux qui la demandent dussent être considérés comme des « procureurs »…

Alors oui, nous sommes en guerre, comme l’indiquait Emmanuel Macron il y a près d’un an. Mais est-il besoin de rajouter à celle-ci une guerre des nerfs qui lasse plus d’un Français et provoque l’érosion de l’acceptation sociale des privations de libertés successives ? L’exécutif gagnerait à être aussi cohérent dans son expression et transparent sur les modalités et le calendrier de ses décisions qu’il l’est sur le triste décompte des décès et entrées en réanimation.

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