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Jeunesses 11/01/2021

Politiques jeunesse : l’urgence d’agir et de réinventer

par Aurélien Hélias, Hugo Soutra, Emilie Denètre
Jeunesse © Adobe

Alors que les députés doivent débattre ce mardi 12 janvier du plan gouvernemental en faveur de la jeunesse, force est de constater que les mesures d'urgence, si elles sont nécessaires, ne suffiront pas. C'est l'ensemble de l'action publique en faveur des jeunes, de l'Etat aux collectivités, qui doit être revue pour apporter des réponses globales et prenant en compte les spécificités des problèmes rencontrés par les 16-25 ans en fonction de leur lieu de vie... et de leurs aspirations.

Ce sont des chiffres qui disent toute la fragilité de cette catégorie d’âge : sur les 5,3 millions de Français, recensés par l’Observatoire des inégalités, qui vivaient sous le seuil de pauvreté en 2018, une catégorie de population a vu sa situation particulièrement se dégrader, de manière inquiétante, depuis 2012 : les 18-29 ans. « En 15 ans, le taux de pauvreté de cette population a presque doublé en passant de 8 à 13 % », constate la directrice des études, Anne Brunner. Depuis a surgi la crise du Covid-19 et ses retombées économiques et sociales en cascade pour cette catégorie d’âge : emplois précaires touchés, flot de jeunes arrivant sur un marché du travail en perdition, stages et alternance en berne. Alors fin juillet, le gouvernement a dégainé son plan « 1 jeune, 1 solution » à base de compensation de charges pour les employeurs embauchant des moins de 25 ans, 100 000 nouvelles formations qualifiantes, le retour des contrats aidés avec 60 000 « parcours emploi compétences », etc.

Silos à foison. A nouveau, c’est une solution essentiellement économique qui est adressée à cette classe d’âge en guise de réponse à tout. Pourtant, la crise a montré que les deux confinements les avaient durement touchés sur d’autres plans, social et psychologique, au regard d’une désocialisation prise de plein fouet. En cela, la crise sanitaire a mis au jour l’incapacité des pouvoirs publics à porter une politique globale à destination des 16-25 ans qui ne se borne pas à faciliter leur arrivée sur le marché de l’emploi. Précarité, mobilité, santé, logement : les besoins sont nombreux, les dispositifs trop éparpillés, sclérosant des politiques en silos. Sans compter l’ancrage territorial limité de ces politiques, à l’image du plan « 1 jeune, 1 solution » et de dispositifs mêlant populations urbaines et rurales, et du manque de capacité à appréhender les jeunesses dans leur diversité, sociologique notamment.

Politique globale. Les collectivités prennent conscience de l’urgence mais pêchent encore par manque de coordination entre elles, de moyens ou parfois de volonté politique. Entre politique partagée par tous les niveaux d’administration locale et pilotage régional encore balbutiant, l’action publique en faveur de la jeunesse manque de coffre. La situation actuelle les incite pourtant à apporter des réponses d’urgence face à la crise vécue par la jeunesse mais également à bâtir en ce début de mandat local des politiques globales, tout entières dirigées vers la jeunesse et bâties en consultant les bénéficiaires. Le seul moyen de se prémunir d’une « génération sacrifiée ».

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