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Edito 04/01/2021

Tirer les leçons de 2020

par Aurélien Hélias
Nouvelle année 2021 © AdobeStock

En 2021 s'annoncent d'ores-et-déjà deux moments forts pour les collectivités locales : les débats autour du projet de loi "4D" et un double scrutin inédit, celui des régionales et départementales de juin. Régions et départements attendent beaucoup du futur texte de décentralisation mais les candidats à leur direction ne devront pas faire l'économie d'un bilan de leur action et des ajustements à effectuer dans leurs politiques sociales, économiques et sanitaires.

C’est dit : pour la première fois, l’Association des maires de France déplore dans sa résolution générale adoptée début décembre le « désintérêt des citoyens vis-à-vis de la démocratie locale ». Six mois après une abstention record aux municipales et le creusement du fossé entre édiles et administrés, 2021 s’annonce-t-il aussi morne pour la démocratie locale ? Les campagnes des départementales et des régionales, reportées à juin, constitueront d’importants révélateurs. En dépit de la proximité historique entre les communes et leur département, leur premier bailleur de fonds, les scrutins départementaux ne pourront se tenir dans une forme d’entre-soi. Avec leurs compétences sociales et sanitaires, les départements sont aujourd’hui au cœur d’enjeux cruciaux remis au goût du jour par la crise du Covid : aménagement sanitaire déficient du territoire, isolement et dépendance des plus âgés dans les zones rurales et peu denses… Aux différents binômes candidats de faire un bilan de l’action passée et de porter des projets structurants répondant aux besoins locaux.

Les régions au révélateur

La responsabilité des régions n’est pas moins grande, au moins autant que le défi démocratique qui les attend. Les régionales pâtissent traditionnellement d’un scrutin par listes peu enclin à capter l’attention des électeurs, de candidats souvent parachutés par les états-majors politiques et, depuis 2015, de régions XXL un peu plus éloignées encore de leurs administrés.

Et pourtant, là encore, rarement l’action des régions aura été aussi cruciale au regard de l’actualité. Non pas car deux ou trois de leurs présidents ont des ambitions élyséennes, mais du fait de leurs responsabilités face aux conséquences sur le terrain de la crise économique et sociale. Cibler les secteurs à relancer, les PME à sauver, les filières à développer et sauver l’apprentissage : voilà la première responsabilité des régions. La seconde n’est pas moins importante : prendre à bras-le-corps leur rôle de chef de file pour la jeunesse, très durement touchée par la crise comme le montre notre enquête.

Inventorier les actions à mener

Régions et départements devront certes se doter des derniers outils pour le bon fonctionnement de leurs politiques et se projeter dans la mandature à venir, mais sans être obnubilés par la course aux compétences que ne va pas manquer d’ouvrir le projet de loi « 4D ». Le tout pour répondre aux besoins exprimés localement et éviter que la crise démocratique ne s’ajoute aux autres crises.

A tous ses lecteurs, le « Courrier des maires » souhaite une très bonne année 2021.

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