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Elections 2021 30/11/2020

80 % des élus départementaux se représenteront, le binôme homme-femme plébiscité

par Aurélien Hélias
carte-departements-france1 © Wikimedia/SuperManu

Huit élus sur dix qui souhaitent rempiler en 2021, qui plus est pour une large majorité avec leur "binôme" actuel : le mandat de conseiller départemental semble combler ceux qui l'ont décroché en 2015, à lire les résultats d'une enquête Ifop. Mais si la loi a imposé depuis cinq ans, dans les assemblées départementales et dans les mœurs, la parité, les commissions spécialisées font de la résistance...

Certes, le sondage mené par l’Ifop pour le compte de l’Assemblée des départements de France (ADF) a été mené avant l’annonce du probable report des élections départementales (et régionales) de mars à juin 2021. Mais ce report ne devrait pas changer outre-mesure l’enthousiasme et l’attachement des conseillers départementaux pour leur mandat : 81 % souhaitent se succéder à eux-mêmes en 2021 en se représentant. 

Même les raisons qui incitent les 19 % à ne pas rempiler ne laissent pas entrevoir de désenchantement par rapport au mandat : 40 % invoquent en premier lieu une raison personnelle pour ne pas candidater à leur propre succession et 14 % ont déjà préparé le passage de témoin à un élu. L’usure physique n’intervient qu’en second motif (31%) et le fait de ne plus trouver d’intérêt dans le mandat n’est évoqué que par un quart des non-candidats. 

La concrétisation de projets cantonaux, source de satisfaction

Si les conseillers départementaux sont à 93 % satisfaits d’exercer leur mandat,  c’est essentiellement du fait de leur capacité à agir concrètement sur le terrain (45%), des bonnes relations avec les administrés (44%) ou de leur capacité à réaliser des projets pour leur canton. En revanche, les débats lors des sessions de l’assemblée départementale n’enthousiasment pas les foules des conseillers départementaux (6%…). 

Pour les rares conseillers départementaux insatisfaits de leur mandat (1 sur 13), c’est le manque de moyens pour agir, la lenteur des prises de décision et d’avancement des projets et le manque d’accompagnement des services du département qui les fait broyer du noir. 

Le binôme cantonal homme-femme a fini de convaincre

Autre enseignement de ce sondage : le désormais fameux binôme départemental homme-femme instauré en 2015 a fait son trou. D’abord politiquement : 70 % des élus qui solliciteront un nouveau mandat ont l’intention de se présenter avec le même binôme. Neuf élus sur dix jugent positivent la relation de travail avec l’autre conseiller départemental.

Et, du point de vue de l’évolution du fonctionnement des assemblées départementales depuis la mise en place de ces binômes, 65 % des conseillers ayant exercé deux mandats a minima le jugent positivement. Pour ces élus en place depuis 2011 a minima, le binôme, outre la parité dans les assemblées départementales, a eu le mérite pour 63 % d’amener un meilleur partage du travail, une meilleure représentativité politique (61%) et une meilleure proximité avec les électeurs (60%). Les critiques des nouveaux cantons jugés trop grands - la nouvelle carte cantonale était le corolaire du scrutin binominal - semblent donc s’amenuiser.

L’autonomie des âgés, politique à développer 

A noter que pour le prochain mandat, les conseillers départementaux placent trois services publics de proximité à développer en priorité, chacun d’eux étant cité par plus des deux tiers des élus : les services pour les personnes âgées et dépendantes ( à 85%), le réseau de transports et de circulation (73%) et les établissements scolaires, à savoir les collèges (71%). La culture et les loisirs ne sont en revanche cités que par un tiers des élus. 

 

Des commissions genrées malgré la parité

42 % des élues départementales membres de la commission affaire sociales contre 22 % de leurs homologues masculins, 31 % de conseillères départementales dans les commissions jeunesse contre 15 % des conseillers, 25 % des élues participants à la commission culture contre 14 % des hommes… La répartition genrée des commissions a la vie dure malgré la parité des assemblées départementales, il est vrai uniquement obtenue par la loi.

Et à l’inverse, les hommes trustent les commissions vues comme les plus prestigieuses : 34 % des hommes siègent dans la commission finances locales contre 16 % des femmes, 28 % des élus dans les commissions infrastructures routières contre 15 % des élues, 21 % des conseillers départementaux dans les commissions développement économique contre 14 % des conseillères…

Références

Enquête menée par l'Ifop auprès de 658 conseillères départementales et conseillers départementaux, à partir d’un fichier de l’Assemblée des Départements de France. Entretiens réalisés par questionnaire auto-administré en ligne du 28 septembre au 13 octobre 2020.

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