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Crise sanitaire 02/11/2020

Malgré la fronde des maires, les petits commerces « non essentiels  » et librairies ne rouvriront pas

par Aurélien Hélias
commerces fermés © Adobe

Plutôt que d’accepter la réouverture des librairies, salons de coiffure et autres petits commerces aux services jugés « non essentiels », le Premier ministre a préféré ordonner la fermeture des rayons non alimentaires des grandes surfaces. Une première défaite pour les maires frondeurs mais certains ne comptent pas en rester là, tout comme le Sénat qui met la pression sur l’exécutif.

Dimanche soir à 20h, Jean Castex a tranché : « la vente des produits qui […] sont d’ores et déjà interdits dans les commerces de proximité » sera interdite « dans les grandes surfaces » à partir de mardi. Une manière de trancher la polémique naissante sur l’inéquité dénoncée entre petits commerces forcés de baisser le rideau car jugés « non essentiels » par l’Etat et grandes surfaces à même de vendre ces livres et autres « produits » non essentiels parce qu’ils proposent par ailleurs des rayons alimentaires. « Nous ne reviendrons pas sur les mesures annoncées » a même insisté le Premier ministre à l’adresse des petites commerces, tout en renvoyant à la désormais clause de revoyure prévue tous les quinze jours sur la situation épidémique pour envisager un hypothétique assouplissement de ces mesures frappant de plein fouet les petits commerces.

20 milliards comme lot de consolation

Pour l’heure, seule concession nouvelle annoncée par le locataire de Matignon aux commerces de proximité pour « les soutenir » : 20 milliards de crédits supplémentaires « pour venir au secours de tous ces secteurs qu’on ferme ».

De quoi rassurer ces derniers ainsi que les maires des villes qui les abritent ? Rien n’est moins sûr. Samedi, France urbaine a annoncé avoir écrit au Premier ministre pour s’élever contre « la mesure la moins comprise […] : l’inégalité de traitement entre les commerces de proximité, à l’exemple des librairies et des grandes surfaces commerciales ». Pour l’association regroupant les maires de grandes villes et présidents de métropoles, il était nécessaire de trouver « une solution permettant de prendre en considération cette demande légitime d’équité de traitement ».

Les associations d’élus très remontées

Les grandes agglos ne sont pas les seules à s’être fait le relais du mécontentement des commerçants qu’elles abritent. « Une ingérence grave dans le principe de libre-concurrence du commerce, en entraînant une rupture d’égalité de traitement entre la grande distribution et les commerçants indépendants », a ainsi vitupéré l’Association des maires d’Ile-de-France (Amif). « C’est inacceptable, car des protocoles sanitaires stricts peuvent être mis en place dans ces commerces de proximité, qui se plient à l’ensemble des règles sanitaires depuis le début de la crise épidémique », tançait l’association présidée par Stéphane Baudet.

« Les commerçants ont pourtant parfaitement respecté les protocolaires sanitaires, très stricts, qui leur étaient imposés : limitation du nombre de clients, mise à disposition de gel hydroalcoolique » lors du premier confinement plaide pour sa part Villes de France . « Ils sont prêts à en faire encore davantage si cela était nécessaire » poursuivait dans son communiqué l’association dirigée par Caroline Cayeux, demandant a minima la fermeture des rayons non essentiels des grandes surfaces. Une demande que porte également les maires ruraux (AMRF) pour l’ensemble des « autres produits qui ne sont pas déclarés de première nécessité », demande à laquelle a donc accédé Matignon.

Plus largement, l’association « mère », l’AMF, demandait d’élargir la notion de magasins essentiels à la vie quotidienne : « Certains commerces comme les librairies ou les salons de coiffure pourraient relever des services de première nécessité ». Les Petites villes suggèrent pour leur part  « que les préfets – qui sont les plus aptes à apprécier l’évolution de la situation sanitaire dans leur département – puissent avoir la possibilité, si la situation le permet, de rouvrir les commerces dits non essentiels dans leur département » réagit l’APVF dans un communiqué.

Amazon et consorts pointés du doigt 

Toutes pointent du doigt l’inéquité avec les grandes surfaces… mais également avec les grandes plateformes de distribution en ligne et de livraison type Amazon. Dont la santé financière n’a jamais été aussi florissante…

Dès vendredi, une trentaine de maires, tels ceux de Chalon-sur-Saône ou Brive, étaient allés jusqu’à prendre un arrêté municipal autorisant l’ouverture des commerces non alimentaires de leur ville. Des arrêtés rapidement juridiquement attaqués par les préfectures respectives… mais également dénoncés politiquement par la voix du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qualifiant les élus de « maires irresponsables » qui « menacent la santé des Français »…

Le ministre des PME sur le grill

Les annonces de Jean Castex suffiront-elles pour calmer la fronde des élus ? De nouveaux éléments pourraient être apportés aujourd’hui par l’exécutif via notamment l’audition lundi après-midi par la commission des affaires économiques du Sénat, d’Alain Griset, ministre délégué chargé des PME. « Le Gouvernement doit détailler sa politique de soutien aux commerces de proximité » exhorte la présidente de la commission, Sophie Primas. 

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  1. On demande à l’Etat de bien s’occuper de ses missions régaliennes, pas de nous emmerder avec des interdictions idiotes. Voilà bien la bêtise de l’énarchie….

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