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Finances locales 11/12/2013

Le « panier du maire » toujours plus cher

par Aurélien Hélias

Selon les calculs de La Banque postale, l’indice de prix des dépenses communales continue de progresser plus rapidement que l’inflation hors tabac. La faute aux dépenses croissantes de personnels et aux coûts de construction. Point positif : la baisse marquée des taux d’intérêt depuis début 2012, et donc des charges financières, vient compenser en grande partie cette tendance à la hausse.

C’est le principal enseignement de la 9e édition de l’étude sur l’indice de prix des dépenses communales réalisée conjointement par l’Association des maires de France et La Banque Postale : « L’inflation supportée par les communes est plus élevée que celle supportée par les ménages. Entre 1999 et 2012, l’indice de prix des dépenses communales évolue en moyenne de 2,3 % par an, contre 1,7 % pour l’inflation hors tabac », détaillent l’association d’élu et l’institution bancaire.

En d’autres termes, le coût du « panier du maire », concept conçu par le président de la commission des finances de l’AMF, Philippe Laurent, et cher au président du Comité des finances locales, André Laignel, serait toujours à la hausse.

Les contributions à la CNRACL pèsent lourdement
Même la récente moindre progression sur le 1er semestre 2013 de l’indice des prix (+0,5 %),  inférieure à l’inflation (+1,2 %), serait trompeuse, car due uniquement « à la baisse très marquée des taux d’intérêt depuis le début de l’année 2012. Cependant, hors charges financières, elle demeure plus dynamique que l’inflation hors tabac : à la fin du 1er semestre 2013, l’augmentation de l’indice sur un an représente 2,2 % contre 1,2 % pour l’inflation », décryptent les auteurs de la note.

La progression continue du coût du « panier du maire » serait due principalement à deux postes de dépenses entrant dans sa composition :

  • le prix des dépenses de personnel, dont « la hausse plus importante que celle observée ces dernières années […] s’explique non pas par le point d’indice de la fonction publique qui n’a pas été revalorisé depuis mi-2010, mais par l’avancée des carrières », et surtout « par des hausses du taux de la contribution employeur due à la CNRACL intervenues en novembre 2012 (+0,1 point) et en janvier 2013 (+1,45 point). Ainsi, sur l’année passée, comparée à la précédente, les dépenses de personnel augmentent de 2,8 % ;
  • les coûts de la construction : l’évolution du coût des matières premières a fortement pesé entre 2009 et 2012, y compris sur les quatre derniers trimestres (+1,4 %). Toutefois, les élus peuvent espérer une poursuite de la baisse entamée le dernier trimestre (-0,4 %).

Une baisse confirmée et bienvenue des charges financières
Autres signes encourageants pour les gestionnaires des budgets communaux : la tendance à la baisse des frais financiers, même si ceux-ci ont un faible poids dans l’indice global des prix. Tandis que la composante « taux courts » est en forte baisse, celle des « taux longs » diminue également avec -9,2 % sur l’année passée. « Ces évolutions viennent atténuer le dynamisme de l’indice de prix des dépenses communales, même si, par ailleurs, l’indice ne tient pas compte de la hausse des coûts de refinancement et de l’augmentation des marges et taux pratiqués qui en résultent », tempèrent les auteurs de l’étude.

Autre poste de dépense enregistrant lui aussi une baisse significative, même s’il pèse peu sur le total des dépenses : les dépenses de communication et de matériel informatique, qui confirment leurs baisses tendancielles depuis 2009 avec des reculs respectifs de -7 % et -4 % sur le premier semestre 2013.

Enfin, l’évolution du prix des combustibles et carburants affiche une certaine décélération : il progresse de 3,3 % sur l’année passée après une forte hausse de début 2009 à début 2012. Et recule même fortement sur le dernier trimestre (-10,8 %).

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  1. Ce n’est pas tant le montant des impôts qui exaspère mais son utilisation. Lorsque l’on voit des stades démesurés, des productions d’ »image » aux coûts démesurés, des structures de cabinets qui amputent les besoins en personnel de base, l’absence de recherche d’efficacité au profit de clientélisme, y compris dans la démarche et gestion du personnel, les citoyens peuvent se poser quelques questions…

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