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Semaine du 23/07/2010
Affaires Frêche et Soumaré, petites phrases assassines, poursuites judiciaires... le ton du débat politique s'est durci à l'approche des régionales, suscitant un malaise dans tous les partis où des voix dénoncent une campagne indigne, éloignée des préoccupations des électeurs.
"On ne s'intéresse pas aux régions..." (François Bayrou)
"Une campagne doit se positionner à un niveau beaucoup plus élevé. Ces campagnes au ras des pâquerettes me font vomir, que ce soit dans un sens ou dans un autre", a lancé, le 2 mars, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie.
Cette campagne, "je ne l'aime pas beaucoup, depuis le début", a confié Chantal Jouanno (Ecologie), déplorant "les petites phrases" et "l'agressivité" de part et d'autre.
Selon François Bayrou (MoDem), la campagne est "nulle" et misérable", avec ses "injures échangées" et ses "mises en cause personnelles". "On ne s'intéresse pas du tout aux régions, on cherche uniquement à cibler le côté personnel des choses", a-t-il regretté.
Même constat à gauche où les socialistes Jean-Paul Huchon et Pierre Moscovici ont dénoncé "une campagne de caniveau" et le communiste Pierre Laurent "un concours de boules puantes".
A l'origine de ce malaise, des petites phrases provocatrices ont mis le feu au poudre :
En Languedoc-Roussilon, le président de région Georges Frêche (DVG) a provoqué un tremblement de terre à gauche (58 socialistes exclus) en évoquant "la tronche pas catholique" de Laurent Fabius. Prolongement judiciaire de cette affaire, des socialistes pro-Frêche ont saisi la justice pour faire annuler la liste d'Hélène Mandroux, investie par la direction du PS.
En Ile-de-France, deux élus UMP du Val-d'Oise, Francis Delattre et Sébastien Meurant, ont suscité indignation à gauche et malaise à droite en accusant le chef de file départemental du PS, Ali Soumaré, d'être un "multirécidiviste" sur la base de condamnations partiellement fausses. L'intéressé a porté plainte
En réaction, Vincent Peillon (PS) a évoqué une condamnation des UMP Patrick Devedjian et Alain Madelin, datant de 1965. Les deux hommes ont annoncé aussitôt des poursuites.
Dans une autre querelle, Michèle Sabban (PS) a porté plainte contre Axel Poniatowski (UMP) qui l'a faussement mise en cause dans une affaire d'emplois fictifs.
Dernière plaignante en date, Valérie Pécresse a attaqué en diffamation le site Les inscrets.com dirigé par un proche de Roger karoutchi qui avait dû lui laisser la tête de liste UMP en Ile-de-France.
D'autres petites phrases assassines ont également émaillé la campagne : Daniel Cohn-Bendit comparant le "frêchisme" à "du Mussolini", Dominique Bussereau (Transports) assimilant les ralliés du MoDem à Ségolène Royal à des "harkis" et le maire PS d'Angoulême Philippe Lavaud qualifiant les jeunes UMP de "jeunesses hitlériennes".
L'effet "internet"
"Ces attaques sont dix fois moins violentes qu'à d'autres périodes de la vie politique", relativise le sociologue des médias Dominique Wolton, qui voit dans ce relâchement de la parole une contagion d'internet qui "a brisé la digue privé-public".
"Certains pensent maintenant qu'on peut tout raconter, tout mettre sur la place publique", dit-il.
"C'est l'absence d'enjeu fort et clair dans cette élection qui a pour conséquence de tirer le débat vers le bas et de le ramener à des questions de personnes", estime Brice Teinturier (Sofres).
"L'angoisse des Français n'est pas de savoir si les socialistes vont demain augmenter les impôts, si les régions vont servir de rempart à la gestion socialiste. Elle porte sur la crise, la pauvreté, le chômage", dit-il. Et pour le politologue, "chacun a intérêt à éviter des controverses sur ces enjeux politiques majeurs".
AFP
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