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Semaine du 10/02/2012
Le RSA va être étendu, sous de strictes conditions, aux moins de 25 ans à partir du 1er septembre. Une mesure qui ne devrait concerner que quelques dizaines de milliers de jeunes, pourtant parmi les premières victimes du chômage et de la pauvreté.
Le RSA, qui a remplacé le RMI à l'été 2009, n'était jusqu'alors ouvert qu'aux plus de 25 ans, ce que dénonçaient nombre d'associations et de syndicats. Nicolas Sarkozy avait donc annoncé, en septembre 2009, l'extension du dispositif aux plus jeunes, mais avec des conditions très strictes: il faudra avoir travaillé l'équivalent de deux ans au cours des trois dernières années.
Les premiers versements auront lieu début octobre 2010, au titre du mois de septembre.
Selon l'Elysée, 160.000 jeunes devaient être concernés à terme, pour un coût en année pleine de 250 millions d'euros.
15.000 personnes ?
On compte 5,5 millions de 18-24 ans en France. Parmi eux, selon l'Insee, plus de 20% vivent sous le seuil de pauvreté (910 euros mensuels) contre 13,4% tous âges confondus (chiffres 2007, les derniers disponibles).
Mais pour le ministre de la Jeunesse et des solidarités, Marc-Philippe Daubresse, qui a succédé en mars au père du RSA, Martin Hirsch, plus question d'évoquer ce chiffre. "Je récuse cette idée qui consiste à annoncer des faux objectifs qui ne sont pas atteignables", a-t-il même affirmé la semaine dernière en présentant le dispositif.
Quelle est la cible désormais ? Il se refuse à répondre. Seule indication: le gouvernement n'a budgété que 20 millions d'euros pour verser la prestation entre octobre et décembre.
Selon le député (PS) Christophe Sirrugue, rapporteur de la mission Solidarité pour la loi de finances 2011, ces 20 millions permettront de verser une allocation à moins de 15.000 personnes.
Près du quart des actifs de moins de 25 ans sont au chômage, dont près de la moitié depuis plus d'un an.
Les conditions d'attribution "excluent énormément de jeunes", déplore aussi Julien Bayou, conseiller régional d'Ile-de-France (Europe Ecologie) et cofondateur de Génération précaire.
Conditions très strictes
"On sait, depuis le départ, que cela ne touche qu'une frange très limitée de jeunes", abonde Pierre Saglio, président d'ATD-Quart Monde. "On n'a pas pris en compte les plus défavorisés, ajoute-t-il, ceux qui ont la vie la plus difficile" même si l'idée de faire sauter la barrière d'âge est "une bonne nouvelle".
Selon Yannick L'Horty, économiste au Centre d'études de l'emploi, "on va vraisemblablement compter quelques dizaines de milliers" de bénéficiaires au maximum tant la prestation est "hypercatégorielle". Car selon Hervé Garnier, de la CFDT, avoir travaillé deux ans sur les trois dernières années, "c'est énorme" quand on a moins de 25 ans. "Les jeunes les plus en difficulté, qui n'ont pas accès à l'emploi, ne seront pas concernés par la mesure", poursuit Yannick L'Horty, "pour eux, le problème reste entier".
Force ouvrière regrette aussi que "beaucoup ne (puissent) bénéficier d'un revenu de remplacement ou de solidarité notamment en raison des conditions drastiques d'accès au RSA jeune" et demande "la mise en place d'une allocation jeune salarié".
La CGT prédit un "flop" pour la mesure, tandis que la CFTC se demande "comment travailler deux années à temps plein (sur trois ans) alors que les jeunes sont confrontés actuellement à des périodes en CDD de quelques mois, trop souvent non renouvelées ?"
Pour AC!, Association contre le chômage, la condition est "inatteignable, drastique" et "demeure un élément discriminatoire".
AFP
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