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Semaine du 11/05/2012
Plombé par de mauvais sondages et des défections internes, le Mouvement démocrate (MoDem) espère que la campagne lui permettra d'échapper à un échec annoncé aux élections régionales qui pourrait hypothéquer les chances de son leader pour 2012.
Depuis plusieurs semaines, les sondages n'accordent que 4 à 6% au MoDem au premier tour des régionales. Dans le même temps, le parti enregistre les défections de militants et d'élus qui expriment publiquement leur désaccord avec la stratégie électorale du mouvement et sa gouvernance. Certains regrettent l'orientation à gauche, d'autres déplorent, au contraire, l'absence d'alliance au premier tour avec le PS ou Europe-Ecologie, même si les tenants de cette dernière union, comme Corinne Lepage, reconnaissent que les Verts n'y étaient pas très favorables.
Le Languedoc-Roussilon sans MoDem
Principale conséquence de ces dissensions, le parti, qui devait présenter des listes autonomes dans chaque région, sera absent en Languedoc-Roussillon. Ce, à la suite d'un bras de fer qui a opposé, à la veille du dépôt des listes, le chef de file régional élu, Marc Dufour, favorable à Georges Frêche, à François Bayrou, qui souhaitait une alliance avec l'ex-journaliste météo Patrice Drevet, tête de liste de l'Alliance écologiste indépendante.
"Le MoDem est un mouvement jeune. Si certaines personnes se sont leurrées en pensant qu'il allait rapidement devenir le mouvement central de la vie politique française, elles ont pêché par naïveté", estime l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, pour qui "il faut du courage politique pour être indépendant".
"Les tensions existent dans tous les partis. On a fait le choix de mettre en selle une équipe jeune", explique la numéro 2 du MoDem, Marielle de Sarnez, qui compte "sur la dynamique de la campagne pour compenser leur absence de notoriété".
Dans une lettre ouverte, la vice-présidente du MoDem du Languedoc, Clotilde Ripoull, s'interroge : "L'échec du MoDem va-t-il sonner le glas des ambitions présidentielles de Bayrou?" Et d'appeler le leader centriste à quitter la présidence du parti "qu'il persiste à gérer comme un mal nécessaire" pour se consacrer "pleinement à son destin présidentiel". "L'élection présidentielle, c'est un autre temps, une autre histoire, un autre moment qui a ses propres règles, son propre rythme et ne peut se confondre avec aucune échéance", répond Marielle de Sarnez.
Un parti d'appoint
"Il y a une vraie distorsion entre l'image personnelle de Bayrou, dont l'ambition présidentielle est jugée assez légitime et son courant politique", approuve Roland Cayrol (CSA). "Mais, ajoute-t-il, "ceux qui croient que l'on gagne une présidentielle simplement avec les médias et une image personnelle se trompent. Une campagne, c'est aussi un réseau, un tissu de militants, une organisation. Et c'est ce qui manque le plus à Bayrou".
"Un score de 5% aux régionales ferait du MoDem un parti d'appoint. Il sera difficile pour un Bayrou marginalisé de renverser les alliances de la bipolarisation politique", dit Frédéric Dabi (Ifop).
"Les régionales vont être un mauvais coup pour lui. Les départs vont illustrer sa faiblesse en matière organisationnelle et militante, cela va affaiblir ses réseaux personnels mais, la carte présidentielle n'est pas pour autant rayée pour lui", estime Roland Cayrol. "S'il est vrai que les grands fauves politiques ne meurent jamais, un nouvel échec rendra les choses plus difficiles", dit Frédéri Dabi.
Pour aller plus loin
Retrouvez notre dossier sur les élections régionales
AFP
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