PUBLICITE
Semaine du 27/08/2010
En ouvrant le débat sur l'identité nationale, la majorité a ravivé le thème brûlant de la "diversité" auprès de ses élus ou militants issus de l'immigration, décidés à ne pas faire de la figuration aux régionales.
Un petit groupe d'élus de banlieues ont manifesté leur inquiétude lors d'un rassemblement, le 26 novembre, dans la capitale, en réclamant que "l'UMP se réveille et fasse sa révolution culturelle". "On ne veut pas que 2004 se renouvelle", quand "toutes les personnes" issues de l'immigration étaient "systématiquement en queue de liste" aux régionales, a clamé Lynda Asmani, conseillère UMP de Paris.
"L'objectif n'est pas de remettre en question notre parti" mais d'exprimer "une certaine inquiétude", a précisé Kamel Hamza, élu de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). A l'heure où s'élaborent les listes pour les régionales, "l'UMP n'a pas pensé à nous, ne nous a pas contactés", a-t-il déploré, en relevant qu'"aucune" personne issue de la diversité n'était tête de liste, ni en Ile-de-France ni dans aucun des autres départements. "On a le sentiment que le travail que l'on effectue (dans les quartiers, ndlr) n'est pas reconnu", a ajouté Kamel Hamza.
Pas de traitement de faveur
Pour autant, ces élus et cadres UMP ont démenti vouloir un "traitement de faveur". "Nous revendiquons de pouvoir militer, de faire une carrière politique comme nos petits camarades, ni plus, ni moins", a souligné Jean-Claude Beaujour, qui avait notamment conduit la liste pour les municipales dans le XXe arrondissement. Evoquant ce "vivier" de gens "qui se sont battus" pour l'UMP à la présidentielle ou aux municipales, ces élus ne veulent plus que leur parti soit dans "l'affichage".
Le porte-parole adjoint du parti, Dominique Paillé, a réagi le lendemain, en assurant que la diversité serait "présente en nombre et en qualité" sur les listes, dont les chefs de files seront dévoilés le 28 novembre lors d'un conseil national. "Nous avons demandé à chaque secrétaire départemental de faire des propositions et nous aurons bien des candidats de la diversité en position éligible, a-t-il précisé, même en cas de défaite." Dominique Paillé s'est engagé à faire des "annonces" sur ce thème courant décembre, alors que l'intégralité des listes sera établie en janvier, date du démarrage de la campagne.
L'urgence a sonné, selon certains cadres de la majorité, d'autant que le Parti socialiste a déjà offert à des Français issus de l'immigration la tête de liste dans deux départements d'Ile-de-France (Seine-Saint-Denis et Val-d'Oise).
"Il ne faut pas les sortir du placard pour montrer sa bonne volonté et les y remettre après. C'est ce que nous ne voulons pas", estime Marie-Dominique Aeschlimann, secrétaire nationale de l'UMP en charge des droits de l'Homme, tout en affirmant que les socialistes n'ont "aucune leçon à donner". "Pour eux, la diversité ne compte que dans les territoires de gauche ou quand il s'agit de donner un coup de main à des associations où ils ont leurs 'potes'", a-t-elle ironisé.
Le symbole Rama Yade
"Etre issu de l'immigration équivalait jusqu'à peu à être de gauche. Autrement, vous aviez une part de non-conformisme, voire de traîtrise morale pour certains", a estimé Rama Yade, la populaire secrétaire d'Etat d'origine sénégalaise, lors d'un débat du Cercle de la diversité républicaine (CDR).
"Est-ce que la gauche, malgré toutes ses déclarations, a fait élire un seul candidat de la diversité à l'Assemblée nationale ? La réponse est non", a-t-elle lancé jeudi soir devant ce club de 3.500 adhérents, fondé en 2006 pour promouvoir la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy.
Présentée comme un symbole, sa nomination au gouvernement (tout comme celles de Rachida Dati et Fadela Amara), puis celle du commissaire à la diversité Yazid Sabeg en décembre 2008, n'est toutefois pas un gage suffisant pour les militants de droite.
"On nous sort à chaque fois Rama Yade: elle n'incarne pas à elle seule la diversité", s'est insurgée Leila Leghmara, conseillère régionale du Nouveau centre, parti centriste allié à l'UMP, élue à Colombes (Hauts-de-Seine) comme la benjamine du gouvernement, investie dans ce département pour les régionales.
"La nomination de Rama Yade est un symbole fort et révolutionnaire pour la diversité. Mais il faut maintenant une véritable politique, car pour l'instant, le discours, ce n'est pas assez suivi d'effet", a affirmé Dogad Dogoui, président du CDR. Membre du conseil exécutif de l'UMP, un organe consultatif, ce consultant en marketing a mis en garde le parti contre un "mauvais calcul" en vue des régionales, affirmant qu'il ne ne doit pas "droitiser son discours pour séduire" le Front national.
Pour en savoir plus
Consulter notre dossier sur les régionales 2010
Retrouvez les actus du scrutin pour les autres partis politiques
AFP, P. Zygel
Le Gers va saisir la Cour de justice de l'UE sur les maïs OGM
Le jugement du tribunal de Bordeaux souligne les failles de la loi de 2000
Romeurope rappelle que "le droit commun doit demeurer la règle"
Benoist Apparu : "Nous ne voulons pas ouvrir la zone C"
L'Etat réduit ses effectifs, les collectivités locales créent moins d'emplois
PUBLICITE
PROFITEZ DE TOUS LES CONTENUS ET SERVICES DU COURRIER DES MAIRES EN LIGNE
QUIMPER COMMUNAUTE
DIRECTEUR DU BUDGET, DES FINANCES ET DE LA COMMANDE PUBLIQUE h/f
MAIRIE DE COLOMBES