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Semaine du 05/03/2010
Le duel entre Georges Frêche et Hélène Mandroux aux élections régionales en Languedoc-Roussillon sera celui de deux personnalités que tout oppose, le politicien retors fort en gueule et son ex-protégée devenue maire de Montpellier, qui entend s'émanciper d'une tutelle trop pesante.
Hélène Mandroux, "c'est moi qui l'ai mise en place, je vais pas l'attaquer". Georges Frêche a beau se montrer magnanime, il ne fera aucun cadeau à son ancienne première adjointe, un "général sans troupe" selon lui. "Mandroux va se faire bouffer", pronostique déjà un élu UMP montpelliérain.
Des cadeaux, Georges Frêche n'en a jamais fait à ses adversaires politiques, ni même à ses anciens amis du PS, "ces Parisiens avec leurs escarpins vernis" qui l'ont exclu en 2007 du parti auquel il a appartenu pendant plus de trente ans.
Charismatique Georges Frêche
C'est avec ce franc-parler, ses colères tonitruantes, mais aussi son charisme que ce fils d'un officier et d'une directrice d'école, né le 9 juillet 1938 à Puylaurens (Tarn), s'est construit un empire politique et est devenu la personnalité incontournable du Languedoc-Roussillon.
Maire de Montpellier de 1977 à 2004, avant de passer le relais à Hélène Mandroux, il dirige depuis la région mais aussi l'agglomération de Montpellier, forte de 31 communes.
Décrit comme "bâtisseur" et "visionnaire", il a modernisé Montpellier la faisant passer au rang de huitième ville de France.
Contrôlant toujours un des appareils socialistes les plus puissants de France (plus de 15.000 militants), il a su se forger une base électorale large, de la gauche à certains réseaux conservateurs côtoyés à l'université, disposant de relais dans le monde de l'économie et les médias.
Mais cette réussite politique a aussi son côté sombre. Un système dénoncé comme autocratique, despotique et clientèliste par nombre de ses adversaires politiques, à droite mais aussi de plus en plus dans son propre camp, où les dérapages à répétition du bouillonnant Frêche ne passent plus.
En 2006, ses propos sur des harkis (il fut relaxé en appel sur cette affaire), puis sur la composition de l'équipe de France de football, avec "neuf blacks sur onze", avaient déjà suscité un tollé, entraînant son exclusion du PS. Avant sa dernière "sortie" sur Laurent Fabius.
Hélène Mandroux, la foi dans les valeurs républicaines
Pour Hélène Mandroux, qui depuis quelques mois multipliait les signes d'une prise de distance d'avec son ancien mentor, c'était la fois de trop. "Tout ce qui fonde mon engagement en politique repose sur la fidélité absolue aux valeurs républicaines. Le respect de la personne en est une et je ne transigerai jamais là-dessus", a affirmé Hélène Mandroux en annonçant le 28 janvier 2010 qu'elle était prête à conduire une liste alternative aux régionales.
"Georges Frêche n'est plus en mesure de rassembler la gauche", affirme aujourd'hui celle qui a remporté, avec son soutien, la mairie de Montpellier au second tour des municipales avec 51,88% des suffrages.
A l'opposé de Georges Frêche, l'élue de 69 ans se veut discrète, à l'écoute, goûtant peu aux conflits. Son expérience de médecin généraliste, activité qu'elle a exercée jusqu'à fin 2005 dans le quartier populaire de La Paillade, lui sert de sésame auprès de la population de sa ville, même si on lui reproche souvent son manque de charisme.
Forte de sa légitimité, acquise en 25 ans d'engagement municipal, Hélène Mandroux ne cache plus d'autres ambitions, comme celle de diriger la communauté d'agglomération de Montpellier à la place de Georges Frêche. Mais auparavant, il y aura le résultat du 14 mars.
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