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Semaine du 11/05/2012
Derrière le choc des mastodontes EDF, GDF Suez et Iberdrola pour remporter l'appel d'offres pour l'éolien en mer français, c'est un duel entre les fabricants Areva et Alstom qui se joue, l'allemand Siemens ne visant qu'une petite partie du gâteau.
Parti le dernier des trois dans l'offshore, Alstom veut combler son retard en proposant la plus puissante éolienne au monde: l'Haliade 150 (6 mégawatts et rotor de 150 mètres de diamètre).
Allié à EDF dans un consortium qui comprend également le pionnier danois de l'offshore Dong Energy, la PME de Lorient Nass&Wind et l'allemand WPD Offshore, l'industriel installe son premier prototype offshore sur le site terrestre du Carnet, près de Saint-Nazaire. Les premiers essais en mer devant avoir lieu au large de la Belgique à l'automne 2012.
En face: Areva. Soucieux de diversifier son coeur nucléaire, le groupe a avalé en deux temps (2007 et 2010) le spécialiste allemand de l'offshore Multibrid.
Son modèle d'éolienne en mer de 5 mégawatts, la M 5000, est le fer de lance des offres de GDF Suez et d'Iberdrola.
Un peu moins puissante et nécessitant donc plus d'unités pour un même parc, l'éolienne du groupe nucléaire a en revanche l'avantage d'être rodée, avec 6 turbines déjà installées dans les eaux allemandes et 120 commandes. Areva ne se prive pas de rappeler qu'aucune éolienne offshore d'Alstom ne tourne encore...
"L'important ce n'est pas d'avoir le meilleur modèle pour hier, mais d'avoir le meilleur pour demain", balaie Jérôme Pécresse, le président des énergies renouvelables d'Alstom. Les éoliennes ne seront pas installées avant 2016, soit deux ans après le début de la production en série, souligne-t-il.
Robustesse
Les deux concurrents français s'accordent sur un point: la robustesse.
Intervenir sur une éolienne en panne au large est prohibitif par rapport à l'éolien sur terre.
Areva souligne que la M-5000 a essuyé les plâtres des pannes de début de série.
Alstom, entré dans l'éolien sur terre en rachetant l'espagnol Ecotecnia en 2007, rétorque que son Haliade fonctionne sans boîte de vitesses, "le talon d'Achille" des éoliennes, ce qui fera plonger la maintenance, mais avec un coût d'investissement plus élevé.
Jouant la carte du "made in France", l'Haliade et la M-5000 doivent toutes deux être construites dans l'Hexagone, des mâts aux pales en passant par les turbines, Areva assurant une part de 80%, tandis qu'Alstom affirme pouvoir aller jusqu'à 100%.
Pionnier du secteur, l'allemand Siemens joue l'outsider sur un seul des cinq champs de l'appel d'offres (Saint-Brieuc), au côté de GDF Suez. Avec lui aussi une nouvelle éolienne de 6 MW en cours de développement. Verdict attendu début avril.
Avec l'AFP
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