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Semaine du 29/01/2012

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Saignée dans l'Education nationale : les régions entrent en résistance

Depuis l'annonce, mi-décembre 2011, de la répartition par académie des 6.500 suppressions de postes d'enseignant dans le second degré, les régions ne décolèrent pas et l'ont fait savoir en haut lieu.

Dans un courrier adressé le 10 janvier 2012 à Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, l'Association des régions de France (ARF) dénonce une situation particulièrement préoccupante pour les lycées"sacrifiés sur l'autel d'une vision strictement comptable de l'éducation".

"On assiste à une véritable saignée dans les filières de formation professionnelle et industrielle! Dans ces conditions, comment espérer réindustrialiser la France? Comment alimenter le secteur industriel de demain avec des jeunes suffisamment qualifiés?" déplore François Bonneau, vice-président en charge de l'éducation à l'ARF.

Ces suppressions de postes sont d'autant plus injustes, estiment les régions, qu'elles concernent les territoires les plus fragiles et les élèves et familles les plus défavorisés. Par exemple, les académies de Lille et de Limoges qui paient un des plus lourds tributs des suppressions de postes en France.


La région Nord-Pas-de-Calais la plus touchée

Avec 1.020 suppressions au total, dont 500 postes uniquement dans les lycées professionnels, l'Académie de Lille est la plus touchée.

Dans leur lettre adressée le 10 janvier à Nicolas Sarkozy, Daniel Percheron, président du conseil régional Nord-Pas de Calais, Patrick Kanner, président du conseil général du Nord et Dominique Dupilet, président du conseil général de Pas-de-Calais, mentionnent le "saccage du système éducatif" de la région.

"Ici, 15.000 jeunes décrochent chaque année, ce qui représente près de 10 % des élèves décrocheurs en France. 100.000 jeunes sont au chômage ou sans solution. Et nous devons rendre près de 600 postes d'enseignants dans le secondaire ?" proteste Martine Pavot, directrice générale adjointe de la région chargée de l'éducation.

Sans compter le gâchis financier pour les trois collectivités, qui investissent 600 millions d'euros chaque année dans l'éducation.

Décisions brutales


"Plusieurs milliers de mètres carrés d'ateliers sont aujourd'hui vides dans nos lycées, suite à des fermetures de filières. Des décisions parfois si brutales qu'elles interviennent avant même que les lycées soient inaugurés!" se plaint la région.
C'est qu'aucune concertation n'a jamais eu lieu entre le recteur d'académie et les élus locaux. "C'est du Bonapartisme!" lance un Patrick Kanner particulièrement remonté, "mais Mme le recteur, en serviteur zélé du pouvoir central, obtiendra sa prime pour son effort à la RGPP", ironise-t-il. "Les priorités définies au sein du contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP), que l'Etat avait pourtant signé en mai 2011, n'ont joué aucun rôle dans le choix de suppression des filières", confirme la région, qui ne perçoit pas de signes d'assouplissement du gouvernement.

Menaces utiles


Dans le Limousin, en revanche, les menaces de Jean-Paul Denanot, président de la région, semblent avoir porté. Apprenant début janvier que deux lycées professionnels, qui avaient nécessité 4,5 millions d'euros de travaux, allaient être fermés à la demande du rectorat, Jean-Paul Denanot a menacé d'aller en justice pour obtenir le remboursement ces sommes.
"Le recteur vient de faire machine arrière sur ces deux établissements, mais les 268 suppressions de poste, dont 145 dans le secondaire, demeurent", regrette l'élu.

"Appliquer des moyennes nationales à un territoire rural comme le nôtre n'a aucun sens. Dans le CPRDFP, que l'Etat a signé, nous avions convenu que tous les jeunes devaient avoir accès à au moins trois spécialités dans un périmètre inférieur à 30 minutes de chez eux. Le rectorat ne respecte pas cet engagement. Je considère donc ce contrat de plan caduc", affirme l'élu qui, de fait, estime la région libérée de ses propres engagements, dont celui de développer l'apprentissage.


LES FILIERES PROFESSIONNELLES ET TECHNIQUES PAIENT UN LOURD TRIBUT

Versailles : 500 emplois environ supprimés dans les lycées (LEGT et surtout LP),
Créteil : 300 emplois supprimés dans les LP, 100 supprimés dans les LEGT,
Toulouse : 120 emplois supprimés dans les LP, 76 créés dans les LEGT,
Lille : 500 emplois supprimés dans les LP,  et 117 dans les LEGT,
Aix-Marseille : 153 emplois supprimés en LP, - 82 dans les LEGT.
Source : ARF

LP : lycée professionnel
LEGT : lycée d'enseignement général et technologique

 

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