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Semaine du 29/01/2012
"Toutes les universités françaises et écoles d'ingénieurs voient les moyens que l'Etat leur accorde progresser. Cette hausse représente en moyenne 1,5% pour les universités et 1,4% pour les écoles". Voilà ce que le ministre de l'Enseignement supérieur a déclaré, le 16 janvier 2012, à l'occasion de la présentation de la répartition du budget consacré aux universités. Leurs moyens de fonctionnement progresseraient aussi selon lui de 1,2%.
Avec ce budget, le ministère poursuit trois objectifs :
- soutenir la progression de la masse salariale des établissements devenus autonomes,
- compenser l'exonération des droits d'inscription bénéficiant aux élèves boursiers
- et renforcer les moyens des vingt universités historiquement sousdotées, alors que leur fréquentation croit.
Six régions clouées au pilori
Interrogé par le quotidien "la Tribune" et l'AFP, le ministre Laurent Wauquiez est revenu à plusieurs reprises sur ce budget, affirmant que l'Etat avait fait son maximum et qu'il fallait se tourner vers certaines régions pour expliquer la baisse ou la stagnation des moyens universitaires.
Selon ce ministre, sur les neuf régions qui avaient d'ores et déjà voté leur budget, six auraient réduit leurs crédits en faveur de l'enseignement supérieur : Auvergne, Bourgogne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.
L'accusation a évidemment fait réagir les régions. Sur son site internet, le 24 janvier 2012, l'Association des régions de France (ARF) pointe la promesse non tenue de l'Etat d'accompagner l'autonomie des universités "de ressources importantes". La réévaluation de 1,2% du budget de fonctionnement global des universités ne permet même pas de rattraper l'inflation, insiste-t-elle.
La réunion du ministère boycottée
Pourtant, fin 2011, les présidents d'université avaient déjà appelé au secours : plusieurs établissements sont en déficit, certains déjà sous tutelle. A défaut d'une réponse convaincante, plusieurs membres du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche ont d'ailleurs boycotté la réunion prévue le 16 janvier. Le quorum n'ayant pas été atteint, la réunion avait été reportée au 23 janvier.
Cette fois, la communauté universitaire s'est présentée et a rejeté à une large majorité (29 voix contre, 12 pour et 6 abstentions) le budget du ministre.
Côté syndical, le mécontentement est aussi amplement partagé et, avec lui, les craintes pour l'avenir de ce service public.
"Mais, pour le ministre, souligne l'ARF, les coupables sont notamment les régions qui auraient dû une nouvelle fois compenser l'insuffisance de l'Etat et les promesses non tenues du gouvernement", ironise-t-elle.
L'ARF rappelle que le financement de l'enseignement supérieur et de la recherche n'entre pas dans les compétences attribuées aux régions. Malgré cela, elles investissent quelque 850 millions d'euros par an dans ce domaine, soutiennent les plans Campus ou les investissements d'avenir, "même si elles n'ont pas été associées aux choix comme l'aurait voulu l'esprit républicain".
M. Esquerré
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