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Edito 19/06/2020

Municipales : des victoires à la Pyrrhus

par Aurélien Hélias
marianne-herreneck-flou-fotolia © Fotolia

Sans tractage sur les marchés ni meeting, la campagne pour le deuxième tour apparaît atrophiée et bien morne pour l'électeur. De quoi susciter une nouvelle envolée de l'abstention dans dix jours alors que déjà, les maires élus dès le premier tour l'ont été avec de faibles taux des inscrits, ce qui ne leur facilitera pas la tâche durant le mandat qui s'ouvre...

Les doubles procurations suffiront-elles à doper la participation le 28 juin ? Malgré cette louable initiative du législateur, on ne peut qu’être inquiet pour ce deuxième tour, quinze semaines après le premier… L’Intérieur a beau promouvoir « une campagne différente » au regard des restrictions de rassemblement, difficile de voir poindre dans les 4 800 communes concernées une émulation, un frémissement politique. Mise sous cloche par la crise sanitaire, la campagne électorale reste confinée aux yeux des électeurs. Sans réunion publique, sans meeting, sans tractage sur les marchés, c’est une campagne de second tour bien terne, atrophiée, pour les 157 000 candidats sur la ligne de départ.

Majorité relative

Déjà, les maires installés fin mai l’ont été sur des fondations fragiles. Comme le révèle une enquête du « Monde », dans 8 800 communes, les édiles ont été élus par moins de 50 % des électeurs lors du premier tour. De quoi affaiblir les nouveaux exécutifs locaux dont l’opposition sera prompte à rappeler leur statut de maires élus au fait minoritaire, surtout quand la victoire s’est faite sur quelques dizaines de voix… Rien ne dit pour l’heure que le 28 juin suscitera un plus vaste engouement des électeurs.

Pire encore, les premiers et très modestes échos de reprise de la campagne ont été ceux d’alliances improbables entre les deux tours, pensées pour ravir un maximum de sièges. Beaucoup sont le fait de candidats LREM se réfugiant tels des coucous dans les listes LR en bonne position. Des rapprochements qui présagent déjà de discrètes manœuvres pour gagner le troisième tour, celui de l’intercommunalité.

Lire aussi : Fusion, alliance, « coalition » ou « clash » : les jeux sont faits pour le deuxième tour

 

Et les candidats des grandes villes ne font rien pour redorer l’image de la démocratie locale dans les métropoles : là, un ancien ministre En marche préfère laisser la métropole de Lyon à l’opposition LR pour mieux placer un affidé à la mairie ; ici, un autre candidat LREM rejoint la liste du maire sortant LR pour qui il n’avait pas de mots assez durs avant le premier tour bordelais ; là encore, une candidate à une mairie d’arrondissement de la capitale, soutenue par LREM comme LR, refuse de dire pour qui elle votera comme maire de Paris…

Alors que les nouveaux exécutifs vont avoir la lourde responsabilité de vite faire redémarrer la vie locale, à eux de faire preuve de davantage de démocratie interne pour lancer avec le maximum d’appuis et de légitimité les investissements nécessaires à la relance économique.

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