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Municipales 2020 22/05/2020

Second tour des municipales : ce sera le 28 juin

par Aurélien Hélias
bulletins de vote © Adobe

L'annonce en a été faite ce 22 mai par Edouard Philippe et Christophe Castaner : le deuxième tour du scrutin se tiendra dans cinq semaines. Sauf si 15 jours avant le conseil scientifique Covid-19 émet un désaccord au regard d'une possible évolution négative de la crise sanitaire... Les associations d'élus seront consultées sur les modalités de la campagne et de la tenue du scrutin le jour J, où le port du masque sera obligatoire pour tous les électeurs. Le détail des annonces.

C’était le souhait majoritaire des associations d’élus, de l’Association des maires de France à France urbaine en passant par l’Assemblée des communautés de France, c’est désormais confirmé : le second tour des municipales dans les 4 897 communes où le premier tour du 15 mars ne s’est pas révélé concluant,  se tiendra le 28 juin. C’est Edouard Philippe et Christophe Castaner qui l’ont annoncé ce vendredi 22 mai lors d’une conférence de presse à Matignon. 

Pour justifier cette date, le Premier ministre s’est ainsi appuyé sur la demande insistante des associations représentatives des communes et des intercommunalités, « autant d’institutions qui, le moment voulu, seront aux avant-postes de la relance », mais aussi sur l’accord tacite du conseil scientifique Covid-19 dans son rapport de début de semaine. En revanche, Edouard Philippe n’a pu que constater qu’au sein des « des forces politiques du pays [consultées mercredi dernier, ndlr], la date n’a pas fait consensus ». France insoumise et Rassemblement national militaient en effet pour un vote plus tardif, éventuellement en mars 2021 en couplant le scrutin communal avec les élections départementales. Plusieurs responsables de la majorité, du délégué général de la République en marche Stanislas Guérini au président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, plaidaient eux pour un report à l’automne voire à janvier 2021.

Mais le Premier ministre, candidat au Havre, a fait siens les arguments de ceux évoquant « la nécessité où nous sommes de vivre avec le virus, et donc de faire vivre notre démocratie avec ce virus. Ils ont aussi souligné le rôle des collectivités dans la relance et la reprise de l’investissement public et la nécessité de leur donner des nouveaux exécutifs », a-t-il développé dans la cour de Matignon.

Une clause de revoyure vers le 6 juin

Le 27 mai sera donc présenté au président de la République par le Gouvernement un décret convoquant les électeurs pour le dimanche 28 juin. Mais, dans le droit fil des recommandations du conseil scientifique de réévaluer la situation sanitaire 15 jours avant le jour J, l’exécutif n’écarte pas l’hypothèse de devoir à nouveau reporter le scrutin en cas d’évolution négative de l’épidémie. « Le 28 juin est réversible. Comme le recommande le conseil scientifique, il y aura une clause de revoyure. Elle interviendra sans doute dans deux semaines, pour garder le temps nécessaire au Parlement pour examiner un nouveau report », a détaillé Edouard Philippe. Raison pour laquelle sera présenté aussi « à titre conservatoire un projet de loi qui permettrait de reporter jusqu’en janvier 2021 dans l’hypothèse où le conseil scientifique nous dirait qu’il n’est plus possible de l’organiser le 28 juin ».

Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont par ailleurs fait assaut de promesses sur la sécurité sanitaire de la tenue du scrutin comme de la campagne. « Tout ce que nous pourrons faire pour faciliter les procurations, nous le ferons », a ainsi assuré Edouard Philippe, sans pouvoir assurer qu’une même personne pourrait détenir plusieurs procurations. « Pour permettre à chacun un libre accès au vote, nous allons tout faire pour faciliter le recueil de procurations. Et les résidents des Ehpad pourront demander la venue d’un officier de police judiciaire pour faciliter la procuration.

Pas de vote par correspondance

En revanche, la dématérialisation des demandes de procurations semble enterrée. « Elle se heurte au problème du droit, celui de constater l’identité de l’électeur. L’identité numérique ne nous le permet pas », a justifié Christophe Castaner. De même pour le vote par correspondance, réclamé par certains acteurs politiques : en cours jusqu’en 1975, il a été alors supprimé « parce qu’il prêtait à manipulation. C’est pour des raisons de sécurité et de sincérité du vote qu’a été mise en place vote par procuration », a plaidé le locataire de la Place Beauvau pour fermer la porte à tout vote épistolaire.

La sécurité sanitaire devrait aussi être renforcée pour la tenue du scrutin le jour J. « Chaque électeur devra porter un masque de protection. Les membres du bureau de vote devront porter un masque chirurgical, tout comme les scrutateurs. Les masques seront fournis par les communes avec le soutien plein et entier de l’Etat », assuré le ministre de l’Intérieur.

Une campagne « différente », les associations d’élus consultées

Reste désormais à l’exécutif à consulter « les maires de France pour organiser en toute sûreté le scrutin », notamment les procurations. Et à consulter les organisations politiques « pour adapter la campagne à la sécurité sanitaire », a promis Edouard Philippe. Une campagne qui devra se faire « différemment » a prévenu Christophe Castaner, avec des « précautions nécessaires dans les contacts entre candidats et électeurs, la distanciation physique et les masques. Il faudra privilégier une campagne numérique, réfléchir à des professions de fois plus détaillées, plus longues. Nous allons travailler dès la semaine prochaine avec les associations d’élus et partis politiques ».

Une campagne différente donc mais qui ne devrait pas être une campagne au rabais selon Edouard Philippe : « Une campagne de deuxième tour dure maximum cinq jours ; c’est très court. Nous allons avoir cette fois-ci des conditions différentes, avec un peu moins d’intensité mais beaucoup plus de durée. Je fais confiance à l’inventivité de toutes forces politiques. »

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  1. bonjour,les personnes âgées sont réfractaires au vote par procuration,n’iront pas voter(sondage fait sur place localement).ce tiers de population communale sera représenté comment?la population »n’a pas la tête aux élections « et pense surtout aux vacances et autres(enfts sans école)C’EST CA LA DEMOCRATIE ?

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