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Elections municipales 19/05/2020

Le conseil scientifique ouvre la porte à un second tour des municipales en juin

par Aurélien Hélias
Urne avec enveloppes de vote © Adobe

Très attendu, le rapport du conseil scientifique Covid-19 publié ce matin ne s'oppose pas à la tenue du second tour des municipales fin juin. Tout juste les chercheurs attirent l'attention sur les risques sanitaires inhérents à la campagne électorale. C'est désormais à l'exécutif de se saisir du rapport et de trancher, probablement après un débat avec vote au Parlement...

Après la prise de fonction le 18 mai de 431 739 élus dont le conseil municipal a été intégralement renouvelé le 15 mars dans plus de 30 000 communes, bientôt le tour des 4897 communes dans l’attente d’un second tour ? C’est la porte entrouverte par le conseil scientifique covid-19 dans son rapport rendu public ce 19 mai. Sans se prononcer sur une préférence de sa part, ce collectif de chercheurs qui assiste l’exécutif dans sa politique de gestion de la crise sanitaire  juge possible la tenue du deuxième tour en juin. « D’un point de vue sanitaire, la tenue d’un seul tour de scrutin, quelle que soit la date retenue [en juin], est de nature à réduire les risques sanitaires au sens statistique », argumente-t-il. D’autant que « la situation sanitaire  s’est nettement améliorée par rapport au début du confinement », « même s’il est difficile d’anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir. »

Une campagne ardue à mener

Si nulle part dans son rapport le conseil n’appelle à tenir le second tour en juin, il ne s’y oppose pas davantage. Et préfère, dans l’hypothèse d’une décision de l’exécutif en faveur d’un scrutin le 21 ou le 28 juin, attirer l’attention du gouvernement sur les précautions à prendre… et certains risques qui demeureront. Ainsi, « les modalités d’un second tour des élections municipales doivent être adaptées à la situation sanitaire du pays au moment des élections et de la campagne électorale qui les précède, pour autant que cette situation puisse être anticipée dans un contexte sanitaire qui reste encore très incertain, prend-il soin de préciser. Ce contexte ne peut être considéré comme garanti au sens statistique d’une absence de risque ».

Les chercheurs s’inquiètent d’ailleurs davantage des conditions de la tenue de la campagne électorale que de celle du scrutin lui-même le jour J. « Alors que le scrutin peut bénéficier de conditions sanitaires sécurisées, la campagne électorale qui le précède peut exposer les personnes qui y participent à des risques renouvelés dans des conditions difficiles à sécuriser d’un point de vue sanitaire, et à accroître ce faisant un risque plus général de reprise de l’épidémie », préviennent-ils. Seul un strict respect des gestes barrières par les différents acteurs de la campagne, dont les candidats en premier lieu, permettra de minimiser les risques, ajoute le Conseil. Meetings électoraux, réunions publiques ou même d’appartement et tractage seraient à proscrire au bénéfice d’une campagne davantage « numérique ».

Des procurations à privilégier

Autre difficulté tout de même soulevée :  « l’’organisation du scrutin dans des écoles, alors que ces dernières font déjà l’objet de protocoles d’organisation sanitaire exigeants, destinés à rendre possible l’accueil des enfants. Leur utilisation pour la tenue du scrutin obligera à un nettoyage strict le lendemain répondant aux dispositions sanitaires en vigueur ».

Pour minimiser le nombre de personnes présentes le jour du scrutin,  le Conseil scientifique préconise de faire jouer à plein les possibilités de procuration, en prolongeant notamment la validité de celles qui avaient été accordées pour le deuxième tour du 22 mars in fine reporté. 

Enfin,  les chercheurs emmenés par le professeur Jean-François Delfraissy appellent « à tenir compte de la situation épidémiologique dans les 15 jours précédant la date décidée du scrutin, ainsi qu’à une surveillance soutenue 15 jours après le scrutin ».

A l’exécutif de trancher… après un vote non contraignant au Parlement ? 

Reste désormais à l’exécutif à se saisir de cet avis et à trancher. Alors que la ministre de la Cohésion des territoires recevait ce matin même les associations d’élus pour évoquer notamment le processus électoral et qu’Emmanuel Macron tient une réunion cet après-midi par visioconférence avec plusieurs maires et présidents d’associations d’élus, le Premier ministre doit consulter les chefs de partis mercredi soir. Et Edouard Philippe, soucieux d’obtenir un consensus politique sur la nouvelle date retenue, envisage de solliciter un débat au Parlement sur le sujet. Un débat avec vote, qui n’engagerait pas la responsabilité du gouvernement, mais permettrait à l’exécutif de s’épargner les critiques qu’il avait reçues de l’opposition, notamment, après sa décision en mars de maintenir le premier tour.

Chose importante : si le second tour se tient bien fin juin, le 21 ou le 28, c’en est définitivement fini de l’hypothèse d’un premier tour à « rejouer ». Un  deuxième tour organisé en septembre ou octobre pourrait en effet obliger à refaire le premier tour dans les quelque 5 000 communes où le vote du 15 mars n’avait pas été concluant. 

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  1. Je suis tout à fait contre car il n’y aura pas plus de votants qu’au Premier tour voire moins puisque les gens sont + méfiants car + informés qu’en mars
    Nous le constatons pour la fréquentation des écoles
    Maximum un tiers
    PC

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