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[Edito] Covid-19 01/05/2020

A la deuxième ligne de prendre les devants

par Aurélien Hélias
Emmanuel Macron répond aux questions de 600 maires normands à Bourgtheroulde (Eure) le 15 janvier 2019 © @Elysee

Déjà très impliqués durant la crise, les maires sont appelés à prendre les choses en main quand débutera la première -et modeste- phase de déconfinement le 11 mai. Le tout alors que les directives de l'Etat sont parfois brouillonnes et que la pression des administrés va se faire croissante...

Dans la « guerre » contre le Covid-19, pour reprendre le vocable élyséen, les maires ont vite pris du galon. Informant sans relâche, traquant les stocks de masques, assurant les services publics essentiels et notamment ceux d’aide aux plus démunis, s’assurant du bon fonctionnement des Ehpad, les élus locaux se sont retrouvés en première ligne comme le montre notre enquête (lire p. 17). Et leur mobilisation ne s’annonce pas moins grande à partir du 11 mai : la « garde nationale », comme aime à les décrire François Baroin, va devoir développer des trésors de pédagogie pour expliquer et justifier chaque décision, chaque adaptation, chaque restriction locale d’un déconfinement a minima. De la même manière qu’ils ont été aux avant-postes sur le terrain, ils vont devoir maintenant gérer la reprise très progressive de la vie en société et ses conséquences dans des champs qu’ils ne contrôlent pas entièrement : les déplacements, l’école, les crèches, les transports.

Communication chaotique

Décrédibilisé par sa gestion chaotique et sa mauvaise communication sur les tests et masques, à nouveau brouillon sur certains pans du déconfinement – comme l’annonce de départements « verts » ou « rouges » sans préciser les restrictions liées -, l’exécutif a officiellement décidé de partager le fardeau avec les élus locaux. Si l’adaptation du plan aux réalités sanitaires locales tombe sous le sens, l’absence d’un cadre national clair, de même que les informations contradictoires données régulièrement par les deux têtes de l’exécutif, parfois à seulement deux jours d’intervalle, aux Français comme aux maires, compliquent particulièrement la tâche de ces derniers.

Lire aussi : Déconfinement : les maires partagés après le plan présenté par Édouard Philippe

 

Les édiles vont hériter d’une position inconfortable : appliquer sur le terrain des mesures dont la clarté est déficiente. Et concilier des attentes dissemblables, tant de leurs différents administrés – parents d’écoliers, résidents des Ehpad, commerçants – que leurs différents agents – policiers municipaux, services d’accueil du public, personnels des écoles et en charge du périscolaire. A ce titre, l’école va sans aucun doute cristalliser ces difficultés, tant la diversité des acteurs qui composent la communauté éducative est forte et la capacité de l’Education nationale à se coordonner avec les acteurs locaux du périscolaire faible. Aux maires d’être donc à la fois généraux, fantassins et conciliateurs.

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