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Edito / Municipales 2020 10/03/2020

Elections municipales : à qui la prime ?

par Aurélien Hélias
Conseil municipal © Flickr-CC-Dorange

Maires sortants, écolos et listes "citoyennes" semblent bien placés pour sortir en grande partie gagnants du scrutin des 15 et 22 mars. Mais, au-delà de cette vague politique porteuse pour ces trois types de candidats, la prime majoritaire accordée à la liste qui arrivera première pose question...

La campagne des municipales touche à sa fin et déjà, on serait tenté d’anticiper le verdict des urnes. Pas question bien sûr de se hasarder à prédire les noms des vainqueurs, mais quelques grandes tendances se dessinent. D’un côté, la persistance de la prime au maire sortant qui, si elle ne garantit pas la victoire, continue d’offrir un certain matelas de voix au premier tour. Notamment dans les grandes villes dirigées par le même élu depuis un ou deux mandats, voire plus.

De l’autre, le nombre souvent important de listes qui pourraient se qualifier pour le deuxième tour en franchissant le seuil des 10 %. Les nombreuses triangulaires, quadrangulaires et même pentagulaires à venir témoignent autant de l’appétit civique pour les élections locales à l’occasion de ces municipales 2020 qu’elles annoncent un jeu politique très ouvert pour le deuxième tour.

Lire aussi : Deux tiers des maires candidats, parité en progrès, pluralité en recul : les candidatures à la loupe

 

Gros lot

Paradoxe de la situation : les mouvements de pensée ou de configuration politique qui auront vraisemblablement le plus progressé par rapport à 2014 (on peut déjà parier sur Les Verts et autres écologistes, les listes citoyennes et même, à une échelle moindre, sur d’autres comme le Parti animaliste) verront leur progression quasiment annihilée. Car sauf à être parvenu à renverser la table en décrochant l’hôtel de ville, cette poussée des outsiders ou nouveaux venus sera quasi effacée d’un trait de plume du fait de la prime majoritaire excessive offerte au vainqueur : la moitié des sièges en plus de ceux gagnés proportionnellement !

Si l’existence d’une telle prime majoritaire, afin d’assurer la stabilité de la gouvernance, semble légitime, son ampleur dépasse l’entendement et altère la vitalité démocratique des communes. À l’heure où quasiment tous les candidats se font forts de faire l’exercice de démocratie participative, il est ironique d’observer que la participation des oppositions ou des élus non membres de la majorité sera de nouveau réduite à sa plus simple expression. Mais il aurait fallu pour cela légiférer et, en la matière, comme pour la parité, il faudra – au mieux – attendre 2026. Pour le maire sortant, la « double prime » a encore de beaux jours devant elle ! 

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