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31/01/2013

Entretien avec René Clarisse, chercheur et chronopsychologue : temps scolaire et rythmes des enfants

par La rédaction

Le projet de décret de Vincent Peillon sur la réforme des rythmes scolaires a-t-il des chances, sur le fond, d'atteindre son objectif : permettre à des élèves moins fatigués d'avoir de meilleurs résultats à l'école ? Entretien avec René Clarisse, maître de conférences à l'université François-Rabelais de Tours et chronopsychologue,

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Collectivités territoriales : l'aménagement des rythmes scolaires

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© R. Bourguet© R. Bourguet

« Avec de petites différences selon l’âge et les enfants, le profil attentionnel est plus élevé pour les 4,5 jours »

Le Courrierdesmaires.fr : La réforme de Vincent Peillon, qui propose 4,5 jours de classe hebdomadaire au lieu de 4, va-t-elle dans le bon sens ?

René Clarisse. Pour nous, chercheurs, il est évident que l’aménagement en 4 jours de classe hebdomadaire est le moins adapté. C’est aujourd’hui celui de 95% des écoles. Il pose le problème de la fatigabilité des enfants due à la concentration des horaires.

 

Quel serait le meilleur rythme hebdomadaire pour les jeunes enfants ?

— R. C. Des expertises nationales ont montré que l’aménagement le mieux adapté aux enfants de 8 à 11 ans, du point de vue des capacités attentionnelles, est celui de 4,5 jours, avec le samedi matin travaillé.

Sur la semaine, le lundi est une mauvaise journée pour tous les enfants, mais avec un « mieux » pour ceux qui travaillent le samedi matin, par rapport aux 4 jours et demi, mercredi matin travaillé et aux 4-jours. La courbe d’attention chute très nettement le vendredi chez les 4-jours.

Chez les enfants de moins de 8 ans, la semaine de 4 jours est toujours la plus mauvaise. En revanche, les profils attentionnels des deux aménagements en 4 jours et demi (mercredi matin travaillé et samedi matin travaillé) sont comparables.

 

Qu’en est-il du rythme de la journée ?

— R. C. Avec de petites différences selon l’âge et les enfants, le profil attentionnel est plus élevé pour les 4,5 jours. Globalement, les performances sont faibles en début de matinée, augmentent jusqu’à 11h-midi, chutent jusqu’à 14 heures-15 heures, puis remontent.

C’est pourquoi je suis favorable à une pause méridienne d’une heure et demie au minimum. C’est une priorité. Deux seraient mieux. Mais cette pause doit être aménagée pour être efficace, avec une possibilité de sieste pour les plus jeunes, des activités calmes pour les plus grands.

 

Que préconisez-vous pour le rythme annuel ?

— R. C. Je suis pour le « 7-2″. Les Jeux olympiques d’hiver en 1968 ont mis à mal ce rythme pour rentabiliser les infrastructures en montagne. Un point positif est donc le retour à des vacances de 15 jours à la Toussaint. A cette époque, enfants comme adultes entrent dans l’hiver, moment de fatigabilité particulière.

Les enfants ont besoin de 4 à 6 jours pour intégrer le passage du rythme scolaire au rythme des vacances et réciproquement. C’est pourquoi il faut 2 semaines pour des vacances bénéfiques. Et il ne faut pas aller au-delà de 7 à 8 semaines pour éviter l’accumulation de fatigue. Débuter les congés d’été à la mi-juillet permettrait une meilleure répartition.

 

Propos recueillis par Martine Kis
Photo : R. Bourguet

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