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Enseignement supérieur 17/01/2020

Universités : les villes moyennes n’ont pas dit leur dernier mot !

par Hugo Soutra
université Cholet

Des collectivités, le plus souvent des communautés d'agglomérations et leur ville-centre, multiplient les initiatives pour démocratiser l’accès aux études supérieures loin des grandes métropoles. Un enjeu d’attractivité, mais pas uniquement...

Qu’il est loin le temps où l’Etat s’évertuait à répartir l’offre de formations dans les capitales régionales et jusque dans les villes petites et moyennes avec son plan « Université 2000 », lancé en 1990. Dans la foulée de la déclaration de Bologne de 1999, la politique française de «keynésianisme spatial» a progressivement laissé place à la polarisation des facultés et laboratoires de recherche dans les plus grandes villes. Compétitivité, performance et rayonnement dus à la compétition mondiale émergente s’imposent alors que la croissance du nombre d’étudiants ralentit et que la quête d’économies des universités met rapidement sous tension la centaine d’antennes délocalisées et de campus de proximité, de Bourg-en-Bresse à Saint-Brieuc.

Attractives formations et « cœur de ville »

Chemin faisant, les étudiants se sont donc concentrés dans les métropoles, où le coût de la vie est notoirement plus élevé et où apprendre nécessite donc plus d’argent. A Lyon, par exemple, leur nombre est passé de 120 000 à 170 000 en quinze ans. Sans que les pouvoirs publics n’aient toujours les moyens d’adapter l’offre de logements ou de répondre à leur précarité grandissante, comme l’a illustré l’immolation récente d’un étudiant devant le Crous, début novembre.

Face à la saturation des grandes métropoles, c’est peu dire que les villes petites et moyennes ne cèdent pas toutes à la nostalgie. Si l’enseignement supérieur continue évidemment d’être du ressort de l’Etat, nombre d’intercommunalités se sont saisies de cette compétence facultative depuis le vote des lois « Maptam » et « Notre ». Voyant dans ce «talisman» un levier d’attractivité pour faire face à leurs difficultés socio-économiques, elles sont de plus en plus nombreuses à inclure la formation dans leurs projets de territoire voire leur plan « Action cœur de ville ». Et, pour certaines, à s’illustrer tant en matière de démocratisation de l’accès aux études que de développement de l’offre de formations en lien avec les besoins locaux ou de dynamisation de l’écosystème local.

Un nouvel aménagement territorial de l’enseignement supérieur ?

La multiplication de leurs interventions rendra-t-elle les villes infra-métropolitaines bientôt indispensables, au point de convaincre les métropoles et le ministère de l’Enseignement supérieur de revenir à un modèle leur étant plus favorables? Rompre avec la logique du «big is beautiful» et la marchandisation de l’université, c’est bien ce qu’espèrent secrètement ces élus désireux de voir émerger un nouveau mouvement de déconcentration de l’enseignement supérieur.

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