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Démographie 07/01/2020

Etalement urbain : les communes peu denses gagnent toujours plus d’habitants

par Emilie Denètre
Andresy, Yvelines, étalement urbain © Adobe

Les communes peu denses situées en périphérie de grandes villes sont celles qui connaissent la plus forte croissance de population selon l’Insee, notamment grâce à un solde migratoire dynamique. Les villes déjà très denses gagnent elles aussi des habitants mais davantage grâce au solde naturel (plus de naissances que de décès) qu’au solde migratoire qui demeure négatif.

Selon l’Insee, qui a publié dans les derniers jours de 2019 une étude sur l’état de la population française (hors Mayotte) au 1ᵉʳ janvier 2017, 66 524 000 habitants vivaient en France (hors Mayotte). Sur la période 2007-2017, les statisticiens ont noté une augmentation annuelle moyenne de la population de +0,5%, ce qui représente un gain de 292 400 personnes par an. Une augmentation qui semble particulièrement profiter aux territoires « peu denses » (entre 200 et 3000 habitants) notamment ceux situés en périphérie des grands centres urbains, contribuant ainsi à renforcer l’étalement urbain. 

Lire aussi : L’étalement urbain, symbole extrême de la dépolitisation intercommunale

 

8 départements sur 10 sont concernés

En effet, sur la période 2007-2017, les communes « peu denses » ont connu une augmentation annuelle de leur population de +0,6% (la moyenne nationale étant de + 0,5%), soit 0,2 point de plus que les communes de densité intermédiaire et très denses.

Avec un solde naturel annuel de + 0,1% en moyenne sur la période, c’est bien grâce aux mouvements de population (ou solde migratoire) que ces communes parviennent à gagner des habitants plus rapidement que les autres ! Selon l’Insee, ce constat ne fait que « prolonger la tendance des trois dernières décennies » et 8 départements sur 10 seraient concernés par le phénomène.

 

La moitié (56%) de ces communes dites « peu denses » dont la population augmente se situent dans les couronnes périurbaines des principales agglomérations. D’ailleurs, selon l’étude – et c’est un fait nouveau comparé aux derniers recensements – celles qui sont le plus éloignées des centres urbains « gagnent » autant d’habitants que les communes les plus proches, essentiellement grâce au solde migratoire.

Ainsi, les communes « peu denses » situées à plus de 50 km d’une commune dense ou de densité intermédiaire ont vu leur solde migratoire augmenter de +0,6% annuellement sur la période, contre +0,5% pour celles situées à moins de 10km. Aussi, si l’éloignement du grand centre urbain ne semble pas influer sur le solde migratoire, il agit par contre sur le solde naturel. Les communes « peu denses » situées loin d’un grand centre urbain ont un solde naturel négatif (-0,6%) contrairement à celles situées à moins de 10km (+0,3%). Selon l’Insee, ces dernières accueilleraient en effet « des populations plus jeunes », en âge de procréer. Résultats : ce sont donc les communes « peu denses » situées le plus près des grands centres urbains qui ont gagné le plus d’habitants sur les 10 dernières années en cumulant un solde migratoire et un solde naturel positifs. 

Les grandes villes portées par les naissances

D’ailleurs, l’étude de l’Insee permet également de constater que les villes les plus densément peuplées ont stabilisé – après une période de très faible croissance entre 1975 et 1990 – leur taux de croissance de population à + 0,4% par an, grâce justement à un solde naturel très dynamique : +0,7% de moyenne annuelle ! Le solde migratoire reste en revanche négatif (-0,4% de moyenne).

 

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