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Pour ou Contre 22/11/2019

Faut-il durcir les règles d’épandage de pesticides à proximité des habitations ?

par Sylvie Luneau
Agriculture, épandage d'insecticides © Adobe

Depuis le printemps, les arrêtés antipesticides de maires se multiplient. Cinq grandes villes ont rejoint la fronde partie des communes rurales. Epandage dangereux ou produits anodins ? Deux maires ruraux en débattent.

« L’Etat doit modifier la réglementation sur l’épandage, car personne ne peut vérifier son application réelle, selon le vent, les heures, etc. »

Béatrice de François, maire PS de Parempuyre, chargée de l’agriculture de proximité à la métropole de Bordeaux

« Pour moi, c’est un problème de santé publique. Nous sommes actuellement dans une phase transitoire, puisque le Conseil d’Etat a annulé en juin dernier l’arrêté réglementant l’épandage des pesticides pour défaut de protection suffisante des riverains et a donné six mois à l’Etat pour le rectifier. Pour pallier cette carence de l’Etat, j’ai pris deux arrêtés. Le premier en janvier était général et j’ai dû le retirer à la demande de la préfecture. Nous en avons pris un second en août. Il limite à 100 mètres la distance d’épandage par rapport aux habitations, hormis pour les substances naturelles encadrées par des autorisations de mises sur le marché. Je pense que l’Etat doit modifier la réglementation actuelle, car personne ne peut vérifier son application réelle, selon le vent, les heures, etc.

Prévenir plutôt que guérir. Cela fait des décennies qu’on nous dit que ces produits sont bons pour tout, donc on ne peut pas les arrêter du jour au lendemain. C’est pourquoi je pense qu’il faut des zones tampon. Je demande aussi au gouvernement d’aider financièrement les agriculteurs à passer en bio, plutôt que de financer a posteriori les dégâts causés par les perturbateurs endocriniens. »

« Même l’agriculture biologique utilise des produits, comme le sulfate de cuivre, qui sont peut-être plus dangereux que le glyphosate. »

Jean-Jacques Dumas, maire (DVD) de Saint-Ybard et président de l’association des maires de Corrèze

« Je n’utilise jamais le mot “pesticide”, qui fait peur, mais celui de traitement des plantes ou produit phytosanitaire. Pour ma part, je me fie à ce que disent les scientifiques. Nous sommes dans un pays où la sécurité sanitaire est très bien assurée. Si un produit présente un danger, il est interdit. Même l’agriculture biologique utilise des produits, comme le sulfate de cuivre, qui sont peut-être plus dangereux que le glyphosate par exemple, qui est toujours montré du doigt, car associé à Monsanto. Or, personne n’a démontré qu’il présente un danger. Ce sont les réseaux sociaux et les médias qui véhiculent ces idées. Les vrais scientifiques, on ne les entend pas.

Charte départementale. L’épandage est déjà bien encadré par la loi. Il est interdit par exemple quand il y a du vent et que les produits peuvent se disperser près des maisons. En Corrèze, nous avons une charte locale prise en accord avec les pomiculteurs, qui recommande de planter une haie ou de mettre des filets de protection lorsque les épandages sont réalisés à moins de 50 m des habitations. Ce n’est pas une obligation, cela relève d’une bonne entente entre habitants et agriculteurs. Tous les produits présentent des dangers, même les médicaments.»

 

À SUIVRE : consultation publique.

Plusieurs maires sont passés au tribunal administratif pour des arrêtés antipesticides jugés illégaux. La synthèse de la consultation du public (53 000 commentaires) sur la protection des personnes face aux pesticides est toujours attendue. Elle doit étayer la rédaction des futurs décrets à prendre d’ici la fin de l’année qui serviront de base à l’élaboration des chartes départementales.

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  1. « Or, personne n’a démontré qu’il (le glyphosate) présente un danger. Ce sont les réseaux sociaux et les médias qui véhiculent ces idées. Les vrais scientifiques, on ne les entend pas. »
    Les scientifiques du CIRC qui ne sont pas pourris de conflits d’intérêts, il connait pas?
    Il n’a pas lu les monsanto papers? Il n’a pas regardé Envoyé spécial sur le glyphosate où les « vrais » scientifiques que l’on entend si souvent se font épingler pour ghostwriting?
    Les ravages des produits chimiques sur le cerveau sont bien documentés maintenant. Ce n’est pas la peine d’en rajouter.

  2. Dommage que vous n’ayez pas indiqué que Jean-Jacques Dumas est aussi le président d’un groupe spécialisé dans la nutrition animale. Il est toujours utile de connaître les intérêts cachés des témoignages.

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