publicité

 

Réagir
Edito 05/10/2019

Grandes régions : la réforme territoriale au doigt mouillé

par Aurélien Hélias
carte-regions-francaises © gouvernement.fr

Ce qu'on pressentait depuis la nouvelle carte régionale a été confirmé par la Cour des comptes : les économies ne sont pas au rendez-vous, les synergies sont rares. Le fruit d'une réforme territoriale dessinée sur un bout de table...

On allait voir ce qu’on allait voir. Le millefeuille territorial serait allégé, les compétences clarifiées, les économies colossales. Patatras : le gouvernement s’est aperçu que les départements, inscrits dans la Constitution, ne pouvaient être rayés d’un trait de plume et que la répartition plus raisonnée des compétences était un chemin de croix. Qu’à cela ne tienne : on allait se rabattre sur les chiffres. La réforme territoriale ferait économiser 12 à 25 milliards d’euros par an, dont 5 à 10 pour la seule diminution du nombre de régions ! Des chiffres alors jetés en pâture aux médias par le secrétaire d’Etat à la réforme territoriale de l’époque, André Vallini.

C’était en 2014, et l’on peut objectiver aujourd’hui, grâce à la Cour des comptes, ce qu’il ne fallait pas être grand clerc pour pressentir : quatre ans après le dessin sur un coin de table à l’Elysée d’une carte à 13 régions métropolitaines au lieu de 22, comme le raconte nonchalamment François Hollande dans ses « leçons du pouvoir », les économies sont loin d’être au rendez-vous. L’alignement des régimes indemnitaires par le haut pour acheter la paix sociale, la prévisible harmonisation des systèmes d’informations, l’inflation des subventions aux associations, collectivités et entreprises, et la hausse des indemnités de conseillers régionaux siégeant dans des assemblées pléthoriques ont eu raison de la naïveté de décideurs parisiens. En regard, les rares synergies trouvées dans les contrats d’assurance ou d’énergie pèsent peu. Sans compter que, trois ans durant, les régions XXL ont passé plus de temps sur le pilotage de la fusion et leur réorganisation interne plutôt que sur le plein exercice de leurs nouvelles compétences. « C’est seulement à l’issue de la mandature régionale qu’un bilan précis pourra être effectué », rétorquent les régions, sans convaincre…

A méditer. Fin mars, André Vallini confessait à « Envoyé spécial » un calcul « au doigt mouillé » des futurs gains d’efficience, à peine étayé à l’époque par une note du ministère aussi sibylline que peu scientifique. Celle-ci tablait sur 4,5 à 7,5 Mds€ d’économies en mettant fin à la concurrence des compétences entre régions et départements… Que le gouvernement actuel, qui ambitionne de clarifier les compétences des deux niveaux de collectivités – les premières subdélégant aux seconds des compétences hier… départementales, comme les transports scolaires – se garde bien à son tour de lancer de tels chiffres pour « vendre » son futur acte de décentralisation…

Réagissez à cet article

  1. C’était prévu, écrit…les élus encore une fois ont bâclé le travail…qui paye et payera les pots cassés ? C’est le citoyen contribuable…certainement pas les élus régionaux qui ont vu leurs indemnités augmentées.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité

Abonnez-vous