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Mobilités 17/09/2019

Toujours plus de « navetteurs » travaillant hors de leur intercommunalité de résidence

par Emilie Denètre
Communes, intercommunalités, cadastre © Flickr-CC-Dorange

Une étude de l’Insee démontre qu’entre 2006 et 2016 l’emploi en France s’est progressivement concentré sur certaines zones, dont les neuf métropoles dynamiques. Conséquence : le nombre de « navetteurs », c’est à dire de personnes quittant leurs EPCI de résidence pour aller travailler, s’est également accru pour atteindre un tiers des actifs. Une statistique qui doit pousser les intercommunalités à travailler l’offre de mobilité, mais pas uniquement, confie l’Assemblée des communautés de France (AdCF) au Courrier des maires.

« À l’échelle des EPCI, le phénomène de concentration des emplois se poursuit très progressivement depuis 2006. Il s’observe principalement par une forte augmentation du nombre d’emplois dans neuf grandes métropoles (Paris, Toulouse, Lyon, Nantes, Bordeaux, Montpellier, Marseille, Rennes, Lille). Dans ces métropoles, l’emploi augmente en moyenne de plus de 0,4 % par an, soit plus rapidement qu’au niveau national. En 2016, ces neuf métropoles hébergent 29 % des emplois, contre 27 % en 2006 » écrit l’Insee dans son étude parue début septembre.

Une concentration de l’emploi qui va de pair avec un desserrement résidentiel. Aujourd’hui, l’Insee estime en effet que 9 millions d’actifs (un tiers) sortiraient quotidiennement de leurs EPCI de résidence pour aller travailler. D’ailleurs dans la moitié des EPCI, ce taux de sortie dépasserait même les 50% ! Ainsi, sur la période 2006-2016, le nombre de « navetteurs » a augmenté de 1,2% par an.

Une réalité plus contrastée

Selon le délégué général de l’Association des Communautés de France (AdCF), Nicolas Portier, qui suit également de très près ces questions, cette réalité est loin d’être une « découverte » même si ce dernier tient à pondérer l’effet de ces « moyennes nationales » mises en exergue par l’Insee. « L’Ile-de-France a de très forts taux de sortie, comme les métropoles, mais c’est beaucoup moins vrai dans le reste du territoire » argue-t-il.

Mais reste que cette augmentation constante des « navetteurs » ne peut qu’interroger nos élus. « Vous avez des ménages qui se sont éloignés de la métropole pour des raisons foncières mais qui se retrouvent aujourd’hui confrontés à des dépenses contraintes, de transport, en hausse » constate Nicolas Portier. Il poursuit : « Cela pose de vrais problèmes de soutenabilité financière pour les ménages qui sont concernés avec comme corollaire la question du changement climatique et des mobilités à réinventer ».

La nécessaire coopération entre élus… et entre EPCI

Et ce dernier de détailler trois gros chantiers de réflexion : « la fluidification du marché du logement pour enlever des contraintes aux ménages qui souhaiteraient se rapprocher de leurs emplois ; l’exploration des tiers-lieux pour permettre aux navetteurs de rester dans leurs bassins de vie quelques jours par semaine, et enfin toutes les questions liées aux déplacements (co-voiturage, aménagements des gares, des parkings de voitures ou de vélos) pour déplacer les flux automobiles vers les transports collectifs ».

« Etant donné que les EPCI n’ont pas vocation à recouvrir entièrement les bassins d’emploi – ce qui serait d’ailleurs impossible dans les faits les flux étant aujourd’hui multiples et transversaux – les élus savent aujourd’hui pertinemment qu’ils doivent coopérer entre EPCI pour faire avancer les choses, notamment en matière de mobilités. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font déjà » conclut Nicolas Portier. 

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