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Edito 12/09/2019

Les territoires, étendard brandi à tout-va

par Aurélien Hélias
La France en morceaux, détail © Elabe/DR, Author provided

Ils sont partout depuis des mois. Dans toutes les bouches. Sur toutes les appellations officielles. Qui donc ? Les territoires. Mais pour quel véritable engagement dénué de toute arrière-pensée à six mois des élections municipales ?

Ils sont partout depuis début 2019. Dans toutes les bouches. Sur toutes les appellations officielles. Qui donc ? Les territoires. A l’Assemblée nationale où ils sont devenus le plus petit dénominateur commun d’un hétéroclite groupe « Libertés et territoires ». Dans les « clubs » d’élus de droite, on ne les compte plus, de la « République des maires » dont le leader Christophe Béchu se fait fort d’améliorer « une vision des réalités sur les territoires perfectible » des responsables En marche, à « La France audacieuse » de Christian Estrosi qui se présente comme « le mouvement des territoires », jusqu’au tour de l’Hexagone, « France territoires », entamé par Gérard Larcher. La gauche n’est pas en reste avec « Ensemble nos territoires » lancé par Ronan Dantec ; tandis qu’au centre, LREM poursuit son rabibochage avec les élus locaux en organisant son « campus des territoires ».

Amour sincère ? Après la « province » moquée, puis les régions regardées de haut, les « territoires » sont désormais brandis comme un signe d’ancrage dans le quotidien des Français, à rebours d’une élite technocratique nationale déconnectée. Mais pour autant de flammes opportunément déclarées à ces « territoires » à six mois des élections municipales, combien de preuves d’amour véritables ? S’il est un acteur qui peut se targuer d’avoir valorisé bien avant tout le monde le concept en martelant la primauté à donner au « projet de territoire », c’est bien le mouvement intercommunal et son association, l’ADCF. Pourtant, à l’heure où les intercos n’ont jamais été aussi puissantes, le périmètre excessif de quelques-unes et la gouvernance technocratique de quelques autres font que l’interco n’a pas bonne presse, ou se voit au mieux ignorée du débat. Alors que la figure du maire et le statut de l’élu accaparent l’actualité du petit monde des collectivités locales, les intercos et leurs élus ont le spleen.

La bonne échelle des débats. Comme en 2014, leurs exécutifs craignent déjà d’être les grandes absentes de la campagne des élections municipales qui s’ouvre. Pourtant, si la crise des gilets jaunes a fait remonter le besoin de proximité, elle a aussi souligné que certains enjeux locaux – le prix du logement, l’accessibilité et les mobilités dans les territoires périurbains et ruraux, l’équité fiscale, la lutte contre la pollution de l’air – ne pouvaient faire l’économie d’une réflexion à l’échelle intercommunale afin de porter une vision à la hauteur des enjeux de ces territoires.

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