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Développement durable 27/06/2019

L’AMF veut enrôler les entreprises locales dans un plan de lutte contre les déchets sauvages

par Emilie Denètre
Déchets sauvages © Adobe

Alors que l’on estime à près de 520 000 tonnes le nombre de déchets sauvages abandonnés l’année passée aux abords des routes, des cours d’eau ou dans les espaces naturels, l’Association des Maires de France dévoile, à l’occasion de la campagne annuelle « Gestes Propres », les contours d’un plan global de lutte contre ce fléau. Il s’agit inclure les citoyens mais aussi les entreprises du territoire.

« Je tiens à rappeler l’importance que la gestion des déchets sauvages a pour les collectivités territoriales qui sont aux premières loges de ce fléau, tant pas le coût que cela représente, en termes d’agents mobilisés, que par la conception du vivre-ensemble que cela implique » a d’emblée pointé Eric Verlhac, directeur général de l’Association des maires de France (AMF), lors de la conférence de presse commune avec l’association « Gestes propres ». D’où l’idée de ce « plan global » présenté le 25 juin.

Ne plus lutter seul

Pour Sylviane Oberlé, chargée de mission « Prévention des pollutions » au sein de l’AMF, la gestion des déchets sauvages est une source d’épuisement pour les maires qui se trouvent souvent « seuls » face ce défi économique et environnemental. « L’intuition de notre vice-président, André Flajolet est de dire que comme la propreté profite à tous, c’est donc l’affaire de tous et qu’il faut le faire savoir ! » détaille-t-elle. En conséquence, le plan imaginé par l’AMF vise à inclure les habitants mais aussi les entreprises du territoire. Un plan « global » au sens où la propreté devient l’affaire de chacun, mais aussi « local » au sens, où tout part du territoire sur lequel on vit et l’on travaille.

Le citoyen consommateur visé

Un premier pilier s’attachera donc à mieux communiquer les enjeux que représentent les déchets sauvages. En effet, selon l’étude de « Gestes Propres », seuls 38% des Français savent que les déchets marins proviennent majoritairement de la terre. Un travail pédagogique est donc à mener en direction des citoyens de la commune avec, par exemple, l’organisation de journées de ramassage. « Cela peut permettre aux habitants de s’approprier leurs espaces de vie » détaille Sylviane Oberlé.

La chargée de mission pointe également le besoin – et c’est le deuxième pilier du plan – de repenser localement la collecte des déchets. « Parfois, on s’aperçoit qu’il faut mettre plus de poubelles à tel endroit, mais pas à tel autre, ou carrément les enlever sur certains espaces pour inciter les gens à rapporter avec eux leurs déchets » détaille-t-elle, insistant ici sur l’expertise locale des élus pour gérer ces enjeux.

L’association estime, en troisième lieu, que la question de la coercition doit aussi être discutée. « Comme la charge de la preuve incombe à la collectivité, il faut que les agents soient formés, et que cette politique de sanction soit très cadrée et menée de manière professionnelle » développe Sylviane Oberlé qui cite en exemple la ville de Cannes.

Les entreprises – enfin – mises à contribution ?

Enfin, le dernier pilier du plan repose sur les entreprises du territoire. « Nous avons conscience que nous, collectivités, ne pouvons pas infléchir les stratégies d’éco-conception des multinationales, en revanche, nous pouvons faire que cette question devienne un enjeu pour les entreprises locales qui vivent sur nos territoires et qui y emploient des gens » souligne Sylviane Oberlé. « Car certaines de nos entreprises locales ne pensent même pas être concernées par l’éco-conception, et là nous avons un levier en parlant, et en mettant ces questions sur la table ». L’idée étant de pousser les entreprises à réduire les impacts environnementaux de leurs produits, emballages compris, tout au long de leur cycle de vie.

Ce plan, qui n’a toutefois rien de coercitif et mise sur la bonne volonté des entreprises locales, devrait être expérimenté au cours du second trimestre 2020 dans plusieurs collectivités volontaires.

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