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Fusions de collectivités 04/06/2019

« Je ne vois pas l’intérêt de s’appeler encore commune avec 160 habitants et sans commerce »

par Pascale Tessier
nuage-mots_communes-nouvelles1v2 © MF

Maire de Rouillac, en Charente, Michel Trainaud explique pourquoi sa commune en est à sa troisième fusion. Une question de survie pour les autres communes qui ont rejoint ce bourg-centre de 3 000 habitants, notamment en termes de services et commerces offerts à la population du bassin de vie.

Fusion à trois en 2016, nouvelle commune intégrée en janvier 2019… que gagne une commune nouvelle dont le périmètre s’agrandit encore ?

Il y a un gain financier puisque nous n’avons jamais connu de baisse de la DGF, mais plutôt bénéficié d’une augmentation de 5 %. On peut aussi mutualiser des activités et des personnes. A Plaizac et Sonneville, personne ne venait aux permanences des secrétaires de mairie. Au bout de deux ans, on a supprimé et on a regroupé le personnel à Rouillac. Elles font cartes d’identité, passeports et le reste, c’est plus utile que des permanences dans des petites mairies.

Quelles réalisations auraient été impossibles sans la fusion ?

À Rouillac intra-muros, rien, car nous avons de très belles entreprises, un supermarché, un diéséliste et des emplois. Par contre, on a fait des investissements dans les petites communes qu’elles n’auraient jamais pu faire si elles n’étaient pas venues avec nous : voirie, trottoirs, une salle des fêtes, bientôt une toiture d’église ou la réhabilitation d’un ancien logement.

Le choix de la gouvernance a-t-il fait l’objet de négociations ?

Pas du tout. Ce sont les communes qui ont sollicité Rouillac, je n’ai démarché personne. Mais quand une commune de 160 habitants n’a plus de commerce, je ne vois pas l’intérêt de s’appeler encore commune. Que je sois maire n’a jamais posé de de problème, surtout que j’avais annoncé que je ne repartirais pas en 2020 et les élus savaient que je ferais le lien jusqu’aux élections.

Comment avez-vous géré la nécessité de la parité ?

Quand Gourville, la dernière mariée, est arrivée avec trois adjoints hommes et une femme, on n’avait plus la parité. J’ai répondu à ceux qui le proposaient qu’il était hors de question de recruter trois adjoints, et j’ai demandé à un adjoint de chaque commune de démissionner. Maintenant, on a huit hommes et sept femmes et moins d’adjoints sur les quatre communes. Il n’était pas question de recruter pour distribuer des indemnités. C’est comme réclamer que le maire délégué garde son écharpe à glands dorés – et non à glands d’argent – comme je l’ai entendu. L’avenir d’un territoire ne dépend pas de la couleur des glands ! Qu’on se pose même la question, ça me dépasse !

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  1. Bonjour,
    Le monde des bisounours est beau et je vous envie. La réalité est souvent plus complexe et donc bloquante. Dans plusieurs cas, j’ai vu les maires des communes centres financer des projets inutiles et coûteux grâce à l’apport de population des villages.
    Le patrimoine de certains villages (terres, logements) intégrées sans retours dans le grand panier communal.
    Enfin, les promotions des agents ne sont prévus et réalisés que pour ceux du bourg-centre.
    Difficile ensuite d’être pour ces fusions en commune nouvelle, d’autant que les habitants souvent ne peuvent pas donner leur accord, ni choisir leur exécutif.
    Parfois ça fait beaucoup dans la colonne des négatifs

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