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Résilience territoriale 24/04/2019

Prévention des risques naturels : une culture à construire

par Hélène Huteau
Risques naturels © Adobe/ macrovector

Des inondations aux incendies, des risques sismiques aux îlots de chaleurs en passant par les avalanches en montagne, les risques naturels sont multiples et de plus en plus présents du fait du changement climatique. Pourtant, les territoires peinent encore à adopter des politiques globales de prévention des risques naturels et s'ériger en territoires résilients.

C’est LE risque naturel qui fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions : la deuxième phase des Assises de l’eau invite actuellement les collectivités à s’exprimer sur le péril inondations. Au cœur des ateliers : la question de la gouvernance et de la responsabilité, car la loi « Gemapi » laisse un certain nombre de questions en suspens. Le risque sécheresse notamment n’est pas couvert par la compétence « gestion des milieux aquatiques ». C’est pourtant l’aléa le plus prévisible. La loi a du moins la vertu de lier la gestion quotidienne des milieux avec le risque, via « la prévention des inondations ». Car le bon fonctionnement de rivières vivantes est un moyen durable pour atténuer l’impact des crues.

Toujours responsable

Cette exigence de prévention, échue aux communes depuis janvier 2018, est un sujet anxiogène pour les maires. Certes, ils peuvent transférer cette compétence à leurs EPCI, qui eux-mêmes peuvent se regrouper en syndicats, idéalement, au niveau du bassin versant. Cependant, avec ses pouvoirs de police, « le maire est toujours responsable de la sécurité des biens et des personnes » et « en cas de mort, le risque pénal ne se transfère pas, s’il n’a pas agi ou mal agi », précise Jean-François Sestier, avocat au cabinet Droit Public Consultants. L’ex-maire de la Faute-sur-Mer en a fait les frais pour n’avoir pas pris les mesures minimales de prévention, avant la tempête Xynthia de 2010, ni rien prévu pour gérer une telle crise en termes d’information et d’évacuation.

Mémoire des catastrophes

Le maire est chargé de la connaissance et de la diffusion de l’information sur les risques auprès de la population. Pourtant, le nombre de plans communaux de sauvegarde (PCS) reste encore très inférieur à celui du nombre de communes couvertes par un plan de prévention des risques naturels (environ 8 000 PCS contre 15 500 PPRN). Or, même la question des déchets post-catastrophe naturelle peut et doit se prévoir collectivement afin d’assurer au plus vite l’ordre public, tout en évitant des pollutions supplémentaires.« Notre société espère être protégée contre tout, en se reposant sur l’Etat », constate François Gérard, de l’Association française de prévention des catastrophes naturelles. C’est le cas des touristes en particulier qui n’ont jamais été confrontés aux catastrophes des lieux qu’ils visitent et méconnaissent les risques naturels locaux.

Avant même de penser des territoires résilients, la culture du risque, longtemps occultée parce qu’elle était anxiogène, reste à construire, y compris pour les élus locaux. De même que la mémoire des catastrophes, dont on observe qu’elles laissent peu de leçons passés cinquante ans

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