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Municipales 2020 12/04/2019

Les intercommunalités, futures grandes absentes des élections municipales ?

par Romain Gaspar
Carte des intercommunalités (DGCL) © IGN 2017

A moins d’un an des élections municipales, les candidats affutent leurs listes et leurs stratégies pour convaincre les électeurs. Et encore une fois, l’intercommunalité risque d’être le parent pauvre de cette campagne électorale, s’inquiète l’Assemblée des communautés de France (AdCF).

« En 2014, l’intercommunalité a été mise en retrait du scrutin. Cette fois, on ne peut pas la laisser dans l’ombre », prévient, à un an des municipales de 2020, Nicolas Portier, délégué général de l’AdCF. Selon le dernier sondage de l’IFOP de septembre 2018, 86% des Français pensent que le principe de l’intercommunalité est une bonne chose. Pourtant malgré ce soutien de trois français sur quatre, l’interco reste « souvent présentée comme la mal-aimée, non seulement en raison du fait qu’elle bénéficie d’un moindre attachement que des institutions multi-séculaires comme la commune ou le département, mais aussi parce que ses actions, ses compétences ou ses projets sont généralement moins bien identifiés par les Français… », précise François Kraus, directeur du pôle politique de l’IFOP dans son sondage. Et si le grand débat semble mettre au jour un certain brouillage de l’image du département, la commune reste plébiscitée.

Un refus de la politisation des enjeux communautaires

Pour Nicolas Portier, cette situation d’une interco mal-aimée ou a minima mal identifiée doit changer. « L’intercommunalité a avancé à bas bruit comme une révolution tranquille depuis vingt ans. Bien sûr qu’il y a des difficultés avec la baisse des dotations et les réformes très rapides de 2016-2017. Mais il faut voir que la plupart du temps, la gouvernance se passe bien. Il est temps de faire l’explication de ces réformes territoriales », explique-t-il. En général, les communautés communiquent sur leurs compétences exclusives et laissent les maires s’occuper des compétences partagées. Mais l’Assemblée des communautés de France regrette de n’être pas davantage aidée par les associations de maires. « Ils font souvent le service minimum car ce n’est pas leur rôle », précise le délégué général de l’AdCF. Alors pour les prochaines échéances, l’association de d’intercommunalités a tout prévu : supports d’information, collaboration avec des médias nationaux…

Charles-Eric Lemaignen, premier vice-président de l’AdCF et ancien n°1 de l’association analyse cette faible médiatisation par le « refus de la politisation ». « Certains élus ont toujours eu peur que les oppositions du conseil municipal se retrouvent à l’intercommunalité », évoquait l’ancien président de l’agglo d’Orléans lors d’un séminaire de l’AdCF co-organisé avec l’IEP de Rennes le 27 mars et intitulé « L’intercommunalité, enjeu de pouvoir pour les élus ? ». Aujourd’hui, les clivages communautaires sont davantage territoriaux qu’entre la majorité et l’opposition. La raison ? « Il faut être capable de surmonter les clivages avec des coalitions de projet, sinon les petites communes ne s’y retrouvent pas », justifie Nicolas Portier.

« Autonomisation des candidats »

Or pour 2020, Nicolas Portier et Charles-Eric Lemaignen se disent inquiets. « Il y a un risque d’augmentation des conflits dans la gouvernance à cause de l’élargissement des intercommunalités. Il faut qu’elles se développent sur le périmètre des bassins de vie pour garder de la proximité ». Et c’est bien l’un des enjeux de ce futur scrutin, la plasticité des communautés de communes, d’agglomération et urbaines, voire les métropoles, pourrait pousser certains candidats à vouloir se rattacher à une autre communauté après l’élection. « Il y a des endroits où la carte bougera car il y a 15% de grandes intercommunalités et encore beaucoup de petites communautés, plus petites que leur bassin de vie », décrit Nicolas Portier.

L’autre explication pourrait également se trouver dans la mise à distance de la vie politique nationale par les candidats locaux. « A l’exception des grandes villes, il y a une volonté d’autonomisation des candidats et de renforcement des formations plus radicales, comme aux régionales », prédit le délégué général de l’association.

 

Vers un scrutin encore plus démocratique… en 2026 ?

Pour la deuxième fois, l’élection des conseillers communautaires se fera par fléchage dans le cadre des élections municipales. Or, ce nouveau mode de scrutin n’a pas facilité l’interpellation des candidats en campagne sur les enjeux intercommunaux. Pour remettre ces sujets au cœur des préoccupations, le délégué général et le vice-président de l’AdCF proposent deux évolutions du mode de scrutin. « L’élu communautaire doit émaner de la liste communale pour éviter le conflit entre deux légitimités, mais pas forcément dans le même ordre que la liste municipale. Le chef de file communautaire pourrait également être différent du maire. » Une évolution qui ne pourra pas intervenir avant les municipales de 2026, de quoi voir venir…

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  1. pourquoi ne pas pratiquer comme en Allemagne
    suppression de la commune et du canton et des élections avec un maire comme employé territorial qui arrête a 65 ans et élu différemment du conseil municipal
    voila ce que j appelle la démocratie et qui nous ferait de sérieuses économies

  2. pourquoi pas une élection du président sur établissement d’un profil souhaité : connait le territoire et ses acteurs, est accessible, à l’écoute, sait animer des processus coopératifs de décision, fait passer le bien commun en priorité..
    révocable au bout d’un an par Référendum local

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